"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».

Marx (L'idéologie allemande)

samedi 25 décembre 2010

2011 : VERS LA CATASTROPHE ?

BILAN D’UNE ANNEE IRRATIONNELLE

Depuis le 4 novembre 2008 les Américains, et bien d'autres dans le monde ont rêvé à un monde pacifié grâce à un président hors norme, comme ceux qui vénèrent l’actuel pape qui bénit en ce moment 2011. Des millions ont vu dans le mandat du premier président noir de l’histoire occidentale la promesse de la fin de la guerre en Irak, une couverture médicale pour tous et une politique écologique plus ferme. Obama n’a pas fait grand-chose ni réussi aucun de ses « we can » électoraux. Il représente cependant, et dans la continuité, depuis deux ans une accalmie vers la guerre généralisée – la bourgeoisie US avait besoin de calmer le jeu de l’oligarchie pétrolière de la famille Bush – qui n’est pas rassurante pour autant, car la crise systémique va remettre naturellement en route le passage au rythme belliciste supérieur. Obama a réussi en plus là où Bush avait échoué, à entraîner les nations européennes les plus rétives au don du sang militariste. Sarkozy, entre autres, a su devenir un bon lieutenant américain. La mouvance opaque du « terrorisme international » a peu fait parler d’elle depuis deux ans pendant lesquels tout a été psalmodié pour expliquer cette moindre activité par le bienheureux renforcement des polices en tout genre dans les principaux Etats industrialisés ou en voie de l’être de moins en moins.

Ce qui est le cas du principal pays touristique mondial, la France. Chaque pays du monde s’inspire peu ou prou des consignes du chef d’orchestre américain mais en ayant soin d’y ajouter la touche locale. Les campagnes qui rythment la vie locale de la bourgeoisie française ont ainsi été dominées par trois grands thèmes tout le long de l’année écroulée : l’effort social pour travailler plus longtemps pour sauver la nation, la colère vertueuse contre les riches trop enrichis et l’antifâchisme récurrent. Chacune de ces campagnes irrationnelles était accompagnée de sous-campagnes tout aussi irrationnelles et confortant une vision pipolisée et anarchiste de la politique. L’attaque sur les retraites, assez sereinement menée par les collaborateurs syndicaux de l’Etat avec des troupes consentantes et sans nulle culpabilité typique de l’aristocratie ouvrière, a été assez rapidement menée par la campagne (la plus longue du printemps à l’automne) contre le ministre Woerth, doublé de fonctions de trésorier louche. Au milieu de ce mouvement irrationnel de non-lutte réelle contre l’attaque gouvernementale, des campagnes plus rationnellement nationalistes sont venues compléter la douce folie ambiante, folie douce des « tous ensemble » pour aller dans le mur des fêtes eucharistiques et démocratiques. La campagne contre les arabes et les Roms à l’été vint ajouter une « french touch » sarkozienne électorale, peu après les poussives compagnes sur « l’identité française » et une « loi sur la burqa » aussi irrationnelle que son application. Les protestations des victimes de l’incompétente bourgeoisie grecque exprimèrent plus le mécontentement d’une petite bourgeoisie flouée par la crise et désolée de voir démasqués ses petits marchés parallèles, sans que la classe ouvrière autrement présente ailleurs puisse en tirer de quelconques leçons ; d’ailleurs, comme on le verra plus loin, la mystification grecque « exemplaire » est réactivée avec les attentats à Rome, avec pour seul conseil : seule la bombe est la meilleure action révolutionnaire contre les banksters ! La lamentable équipée des milliardaires du football est venue alimenter un peu plus la colère gauchiste impuissante contre les ultra-riches, et ce pauvre Canton avec son projet de faire disjoncter les banques, n’a pas relevé le niveau. L’année ne se termina pas sur les révélations révélées de Wikileaks, fort peu gênantes au fond pour ladite « transparence démocratique », mais sur l’antienne antifâchiste. Libération a fort judicieusement pointé le pic du « point Glodwin » en ces derniers jours de l’année, sans préciser sa contribution forcenée à ce même antifâchisme à chaque fois que l’occasion se présente - quelle meilleure contribution à l’unanimité nationale que cette hystérie générale de Chirac-Sarkozy à la gauche caviar et aux anars pinards ?

«Plus une discussion en ligne dure longtemps, plus la probabilité d’y trouver une comparaison avec les nazis ou Adolf Hitler s’approche de 1.» Bien connue du Web, cette hypothèse formulée par l’Américain Mike Godwin, s’est surtout vérifiée auprès des politiques en 2010. A propos du débat sur l’identité nationale, du tour de vis sécuritaire de Nicolas Sarkozy, des médias en ligne dans l’affaire Bettencourt, ou comme ça pour rien, pour l’outrance, nombreux sont ceux qui ont manié à tort et à travers la référence historique aux «heures sombres de notre Histoire». Les accusateurs ont été accusés eux-mêmes, les sites gauchistes genre Rue 89 en ont pris plein la tronche même de la part des cire-pompes du pouvoir. Médiapart a été traité de fasciste par le cador sarkozien Bertrand. Mélenchon, aspirant chef près le parti veuf du stalinisme traite comme tel tout contradicteur. Un certain Douard de droite sarkoviar, excédé par la mère Royal, a approfondi la notion en éructant que « le nazisme était aussi une dictature du prolétariat». L’occupation de la rue par les prières musulmanes, comme motif de campagne à long terme, a hélas fait un flop magistral. Certes, sur une grande plage des forums de la presse, des ultras-Umpistes et des ultras assistantes sociales anarchistes se sont crêpés le chignon, mais autant la majorité des gens n’ont que faire de la fille Le Pen, autant l’utilisation conviviale, par le gouvernement des riches, des pauvres couchés par terre pour prier sans nouvelle paye honorable, a dénoncé cet étalement débile de religiosité tant défendue par l’anarchisme et le gauchisme réactionnaire. La démocratie anti-fâchiste est anti-raciste, c'est-à-dire qu’elle prend les prolétaires français comme immigrés pour des cons végétatifs. Enfin, pour sanctifier la mystification des élections bourgeoises dites démocratiques (alors qu’elles sont fondamentalement truquées) toute la presse mondiale a compati contre le coup de force « anti-démocratique » du président sortant de Côte d’Ivoire Laurent Gbagbo, soufflant la victoire à son vainqueur Ouattara. Déjà plusieurs centaines de victimes gisent sur le sol africain pour la préséance entre deux bandits soutenus par tel ou tel camp impérialiste dans un pays où la classe ouvrière n’existe pas, et où les pauvres prolétaires sont sans défense tant que les prolétariat occidentaux n’ont pas détruit le cœur du système. Les massacres en Côte D’Ivoire sont surtout un message à l’attention des prolétaires des pays industrialisés. Comme avec l’anti-fâchisme de salon, la consigne est : tôt ou tard il faudra vous préparer à mourir pour « la démocratie ».

LE REFORMISME RADICAL AU SERVICE DE LA BOURGEOISIE

Un des premiers disciples français d’Eduard Bernstein fût, on l’ignore en général, l’anarchiste intellectuel Georges Sorel. Sorel vit un maître chez Bernstein et correspondit avec lui. Paradoxe car Bernstein avait mieux compris le réformisme intrinsèque du dit syndicalisme-révolutionnaire. Il avait analysé que jamais les syndicats ne défendraient autre chose que l’aristocratie ouvrière ni n’attenteraient à l’ordre capitaliste. Sorel était un caméléon du même genre, sauf qu’il disait du parlementarisme ce que Bernstein disait du syndicalisme. Au fond tous deux pensaient que la solution viendrait l’un d’une victoire électorale et l’autre d’une grève générale pacifique. Bernstein et Sorel furent bien les deux principaux mystificateurs en leur temps de l’incurie social-démocrate et de l’impuissance de l’idéologie anarchiste. A 110 ans de là les anarchistes français, et leurs amis gauchistes, ont confirmé au cours de cette lamentable année 2010 qu’ils sont bien les héritiers réformistes de Bernstein et du pacifiste Sorel. Le but n’est rien le mouvement est tout : vive la grève générale inaccessible et vive la CGT !

Le caméléonisme anarchiste a plusieurs autres bombes d’artifice dans sa poche. On ne sait qui sont les commanditaires des « Cellules révolutionnaires Lambros Fountas » (du nom du jeune anarchiste grec tué en mars à Athènes dans un affrontement avec la police) qui expriment leur solidarité avec «des camarades en prison» et d'autres groupes anarchistes en Argentine, au Chili, en Grèce, au Mexique et en Espagne, mais on est sûr que la mouvance anarchiste et les vieux retraités syndicalistes de la CGT sont glamour vis-à-vis de ce genre « d’actions » « exemplaires », « par le fait ». Un exemple parmi tant d’autres sur un forum de Libé : « l'anarchie ne peut que gagner du terrain quand on voit les inegalités ,les retraites de 300 euros pour des hommes qui ont travaille toute leur vie a des petits boulots avec juste de quoi survivre et qui arrivent a la retraite pour avoir juste de quoi crever alors que certains percoivent des retraites inconvenantes PDG, hauts fonctionaires et élus de toutes sortes pour un pays en faillite car la chine est en train de donner le coup de grace a notre economie deja moribonde ,et ,ou tout le systeme social est corrompu ,il ne peut y avoir que l'emergence des extremes qui esperons le reveilleront l'opinion ! »

Attentats internationaux ou préparations coordonnées pour piéger la lutte des classes en 2011?

Qui a intérêt à mêler attentats terroristes et bris de vitrine dans les manifestations, prise d’otages avec paralysie des grèves ? Réponses d’autres blogueurs où certains croient naïvement que l’extrême droite serait une entité hors du pouvoir gouvernemental : « Bien sur tout lien avec le scandale politique qui touche Berlusconi est fortuit. C'est bien connu que quand on a des copains mafieux on est tout à fait capable de poser des bombes pour rester au pouvoir. Dans les années 70-80, l'extrême-droite italienne faisait porter la responsabilité de ses attentats à la gauche ouvrière. Aujourd'hui, elle se cache derrière les anarchistes. L'extrême-droite italienne est toujours aussi abjecte ». Quelle candeur affiche pourtant le pouvoir : «Les cibles n'ont pas été choisies au hasard», a déclaré un responsable du ministère de l'Intérieur, Alfredo Mantovano, au quotidien Il Giornale ; selon lui, la Suisse a été visée parce que plusieurs anarchistes italiens s'y trouvent emprisonnés, tandis qu'au Chili, un anarchiste est mort dans l'explosion d'une bombe l'an dernier ». Le ministre italien de l'Intérieur Roberto Maroni avait privilégié rapidement «la piste anarchiste insurrectionnelle», notamment en raison «d'épisodes similaires qui se sont produits en novembre dernier en Grèce». Le nouveau coupeur de caténaires serait-il italien ou suisse ? La mise en scène tient de l’habileté d’un cerveau policier. Quatorze paquets auraient été adressés à des dirigeants européens, dont Angela Merkel, Silvio Berlusconi et Nicolas Sarkozy, et d'autres institutions et ambassades européennes. Ces attentats, qui avaient fait un blessé, avaient été imputés par la police grecque à des extrémistes anarchistes locaux. A Athènes, le porte-parole de la police, Thanassis Kokkalakis, a toutefois indiqué vendredi «qu'il n'y (avait) pas d'indications sur une implication grecque que dans l'expédition de ces colis» (de jeudi). «Il semble s'agir d'une mesure de solidarité», a-t-il ajouté, précisant toutefois que les investigations se poursuivent. Toute l’ambiguïté de cette campagne est résumée par cet autre blogueur, un peu ambigu lui-même : « La contestation contre les potions amères infligées par le FMI, l'UE et la finance international à la Grèce, et bientôt au reste des PIGS - quel odieux acronyme - est portée, dans sa forme la plus virulente par les anarchistes. La gauche "de gouvernement" laisse faire quant elle n'organise pas elle même la collaboration.Il s'agit donc de délégitimer une poche de résistance. Je ne serais donc pas surpris que ces attentats ne soient pas l'œuvre d'anarchistes ou qu'à défaut ceux ci aient été fortement manipulés. Car au fond, à qui profite le crime ? Hum ? ». L’idéologie émeutière ainsi exaltée de toutes les manières par tous les canaux est évidemment un nouveau piège contre les véritables actions de masse de la classe ouvrière AU MOMENT où la catastrophe va survenir. Les syndicats français avec le battage mondial sur leur invraisemblable et irrationnelle organisation d’une protestation sociale vaincue d’avance sur les retraites portent et porteront une lourde responsabilité dans la fuite de nombre d’éléments révoltés vers le piège réformiste radical anarchiste, qui n’est qu’une implosion d’impuissance quand les acteurs réels de la « propagande par le fait » sont manipulés ou flics parallèles.

BERNSTEIN VAINQUEUR AU XXe SIECLE, SERA-T-il SUCCEDé PAR ROSA LUXEMBURG ?

Une analyse plus fine de cet ancien pape du marxisme, plus important que Kautsky, et exécuteur testamentaire d’Engels, montre que son révisionnisme n’était pas aussi anti-marxiste que les orthodoxes le crurent. Le marxisme contenait une certaine vision gradualiste liant tout chambardement politique au type et au degré de mode de production atteint par la société, comme il contenait une attente de l’apocalypse économique, laquelle s’est avérée prématurée ou en tout cas – même si la guerre de 1914 annonça la décadence capitaliste du XXe siècle – la bourgeoisie mondiale a su résister à son écroulement en surmontant la crise séculaire par deux guerres mondiales, tout en s’avérant impuissante à planifier le troisième massacre planétaire qui lui aurait évité sa situation dramatique actuelle de paralytique en fin de vie. Bernstein, contrairement aux Kautsky, Luxemburg et Pannekoek, avait remis en cause non l’idée de révolution mais la perspective d’une catastrophe planétaire. S’il a eu raison d’une certaine façon jusqu’ici, puisque le capitalisme s’est maintenu, certes dans des horreurs absolues, des massacres localisés et la famine permanente pour une grande partie de l’humanité inconnue avant 1945, la catastrophe attendue par des générations de millions de prolétaires est bien là. Les économistes bourgeois n’ont pas cessé de tenter de nous faire croire depuis 2008 « qu’on touche le fond » et que, grâce aux meilleurs d’entre eux, il suffirait de se laisser remonter du fonds de la piscine idéologique. Depuis pratiquement un an les inquiétudes réitérées dans les journaux sur la gravité de la crise ont disparu de la une de la plupart des journaux alors que les deux principaux sentiments de culpabilité bourgeois demeurent : inquiétude et prudence. Le capitalisme moderne a tant de fois été échaudé que les jugements des historiens et économistes nobélisés ne vaut pas plus que la valeur actuelle de l’euro. La bourgeoisie vit une crise de la prévision, comme le capitaine du navire perdu dans la tempête face aux bulles irrationnelles que génère en permanence son système (*).

En 1898 et 1899, Rosa Luxemburg dans sa réplique déjà si lointaine (et si actuelle en 2011) à Bernstein dans son ouvrage « Réforme sociale ou révolution », compilation d’articles déjà parus contre la théorie révisionniste de Bernstein, abordait avec le brio et la hardiesse qui l’ont toujours caractérisée la possibilité d’une révolution ou de mesures transitoires prématurées (on pense bien évidemment à l’accusation fallacieuse subséquente des mencheviks contre les bolcheviques) : « Cette objection révèle une série de malentendus quant à la nature réelle et au déroulement de la révolution sociale. Premier malentendu : la prise du pouvoir politique par le prolétariat, c'est-à-dire par une grande classe populaire, ne se fait pas artificiellement. Sauf en certains cas exceptionnels – tels que la Commune de Paris, où le prolétariat n’a pas obtenu le pouvoir au terme d’une lutte consciente, mais où le pouvoir lui est échu comme un bien dont personne ne veut plus – la prise du pouvoir politique implique une situation politique et économique parvenue à un certain degré de maturité. C’est là toute la différence entre des coups d’Etat de style blanquiste, accomplis par « une minorité agissante », déclenchés à n’importe quel moment, et en fit toujours inopportunément, et la conquête du pouvoir politique par la grande masse populaire consciente ; une telle conquête ne peut être que le produit de la décomposition de la société bourgeoise ; elle porte donc en elle-même la justification économique et politique de son opportunité ».

Intéressant ce parallèle avec ce « pouvoir échu » de la Commune de 1871 et « la décomposition » du Capital comme moment de RUPTURE du capitalisme !

« Réforme sociale ou Révolution ? » Ecrivait Rosa Luxemburg. Gradualisme ou violence ? pouvons-nous traduire. Gradualisme des bêlements anarchistes envers la grève générale ou attentats terroristes ? Ou aucun des deux. Derrière l’alternative de Rosa, ni gradualiste ni terroriste, était bien posée la question fondamentale, l’emploi et la justification de la violence pour transformer réellement la société. Mais pas n’importe quelle violence. La violence a une histoire et des justifications contingentes. Les hommes ne sont pas en retrait de leur propre histoire contemporaine et doivent observer avec modestie celle du passé. Engels s’était moqué d u docteur Dühring : « Lorsque Dühring blâme la civilisation grecque parce qu’elle était basée sur l’esclavage, il pourrait tout aussi bien reprocher aux grecs de n’avoir pas eu des machines à vapeur et des télégraphes électriques ». A ses côtés, Marx niait que le seul emploi de la force, comme pure affirmation de pouvoir, puisse jamais expliquer le cours du développement social. Marx ne fétichise pas la violence, avec une image qui laisse à désirer : « La force est l’accoucheuse de toute vieille société grosse d’une société nouvelle. Elle est elle-même un pouvoir économique ». La bourgeoisie qui a utilisé elle-même la violence pour s’installer au pouvoir, s’évertue à enseigner que l’emploi de la force au niveau politique, est un crime contre la civilisation. Du point de vue moral il y a beaucoup de choses pires que l’usage de la force : la tolérance lâche des injustices sociales.

(la suite avec mon livre : NOUVELLES REFLEXIONS SUR LA VIOLENCE).

Bonne année amis lecteurs du prolétariat. A bas les guerres et Vive la Révolution !

(*) Il faut lire absolument le numéro spécial de la Revue Cités n°41 : Capitalismes : en sortir ? (ed PUF mai 2010) où l’on trouve des analyses autrement lucides et profondes que tout ce qui prétend se publier en théorie économique dans le milieu maximaliste. Sur la « subjectivation capitaliste », le « capitalisme criminel » (Subprimes ou subcrimes ?), une réflexion politique sur le rôle des Etats en 2010 (très pénétrante), cette revue réalisée par des universitaires transcourants, certes grands bobos et sans vision politique révolutionnaire, est très instructive. Et on se marre de la petite prestation (lamentable et nunuche) du conseiller de l’Elysée Guaino.

mardi 21 décembre 2010

LA BATAILLE SOCIALISTE : UN TREMPLIN POUR UN PETIT STALINE ?


Sous couvert de la publication d’un patchwork des textes maximalistes conseillistes tout autant que des pires crapules de la social-démocratie, ce site, malgré la gentillesse de son metteur en ligne Lucien, sert depuis un bout de temps de tribune à un archéologue démagogue, obscur représentant d’une secte nommée PC d’Iran, qui cherche via des zozos anglais et le Dessaux français a obtenir une notoriété internationale avec les mêmes méthodes de marketing que l’Eglise de scientologie. L’individu Dessaux est régulièrement, et complaisamment interviewé sur le site de la BS, sur tous les événements du monde. Il répond tel un chef d’Etat ou un dirigeant de parti de masse. Il ne faudrait pas sous-estimer la capacité de désinformation et de nuisance d’une telle mouvance au niveau cosmopolite. On ne peut pas s’étonner par contre que ces stalinistes sous-développés se cachent sous leur nouveau sigle franchouillard : ICO = Initiative Communiste Ouvrière. Les staliniens lambertologues nous avaient déjà fait le coup il y a 30 ans avec un autre ICO… ICO le vrai par contre (Information Correspondance Ouvrière) était un cercle conseilliste de référence en mai 68 et après où l’on pouvait réellement débattre de questions révolutionnaires. On comprend que de petits staliniens veuillent se masquer derrière cette aura. « Echanges » d’Henri Simon qui a succédé à ICO n’est plus qu’un recueil d’observateurs de la lutte de classes, avec HS en ponte inamovible ; nous lui concédons ici un bon éditorial critique sur le faux mouvement pour la défense des retraites quoique le titre soit aussi faux que les délires de Dessaux : « Le mouvement contre la réforme des retraites est aussi un mouvement contre la précarité et la paupérisation » ; comment a-t-il pu placer un titre aussi idiot qui n’était pas dans sa première version dans « un monde en lutte » ? Surtout quand vous lisez plusieurs constats très éclairants dans son article sur la fausseté de la lutte corsetée depuis janvier par une aristocratie syndicale sûre de donner bonne conscience à ses troupes :

- « La manifestation est un substitut à la grève, uniquement à caractère politique, sans affirmation sociale en termes de lutte de classe »

- « La CGT n’a-t-elle pas polarisé la lutte des raffineries sur quelques grosses usines pour y attirer également les militants désireux de renforcer les piquets et les blocages, alors que dans les ports secondaires, les produits finis coulaient à flots sans que l’on en parle et surtout sans qu’aucune forme d’action y prenne forme ».

S’il a de beaux restes, H.Simon – icône incontestée en milieu anar - reste flou comme toujours, comme tous les syndicalo-conseillistes : « ce mouvement reste difficile à caractériser, dans son mélange de forte détermination et de grande confusion ». Ce qui est parfaitement contradictoire avec le titre de l’article, mais plus près de la vérité. Moi je propose « mouvement foutage de gueule » de Sarko et ses syndicats à la main. On est loin très loin des remarques pertinentes de Simon avec cet andouille de N.Dessaux. J’ai failli mourir de rire lorsque j’ai vu le dernier message blog de ce site, reproduisant en anglais s’il vous plaît une interview maison du beauf gauchiste Dessaux :

« On the Recent Workers’ Protests in France (Dessaux)

20 décembre 2010 par admin

Interview de Nicolas Dessaux, membre d’Initiative Communiste-Ouvrière et collaborateur de la Bataille socialiste, paru dans Forward, mensuel en anglais du Parti communiste-ouvrier d’Irak (N° de décembre 2010) ».

Une telle présentation me fît immédiatement penser à cette Une (supposée) du Journal du dimanche, par exemple : « Les dessous du meurtre de la policière Aurélie Fouquet » (Hortefeux). Photo en une de l’impétrant chauve Dessaux, avec une lointaine ressemblance avec Wladimir Illitch et une barbichette de cadre bolchevique aimable. Les questions élaborées dans la secte elle-même (l’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des sectaires eux-mêmes…) renvoient à des réponses aussi léninifiantes qui lamentables. Les sottises de Dessaux s’accumulent les unes derrière les autres pour nous resservir le même discours, voire en pire, que la gauche caviar et l’aristocratie syndicale ont diffusé à l’échelle internationale.

Première règle du démagogue: viser large vers le public le plus matraqué par les banalités de la mystification de la gauche bourgeoise. La première partie est un montage très anglo-saxons de l’analyse de la politique française où l’on apprend que les syndicats étaient unis dans une « intersyndicale » et que les forces de gauche soutenaient la protestation de 73% des français ! Bon pour des oreilles britannisées ! Surtout quand Dessaux argumente que hélas, les grèves ne sont pas payées en France (ce qui est faux en plus concernant la manip CGT dans les raffineries… et c’est pourquoi cet âne ne comprend pas pourquoi la CGT a crié stop sans heurts). Dessaux mélange tous les niveaux de la fausse mobilisation en parlant d’émeutes, d’entrée massive des étudiants, etc., après avoir exalté la lutte des travailleurs des raffineries (pourtant complètement manipulés par les cognes CGT), après avoir raconté que toutes les villes, même petites, étaient mobilisées, et qu’il y avait des grèves partout… Vous imaginez ces mensonges diffusés internationalement certes pour complaire à la clientèle bobo gauchiste et anarchiste, mais cruels et imbéciles pour tous les prolétaires spectateurs dubitatifs des autres pays ?

Alors que le carnaval syndical a été un longe fleuve tranquille de retraités et de membres de l’aristocratie ouvrière du secteur public, avec le samedi une petite partie du privé, venir nous parler du « niveau élevé de la répression » qui aurait freiné le mouvement, c’est rendre service à qui ? Au couple de bonzes Thibault et Chérèque !

Deuxième règle du démagogue pour finir, cibler sur la partie du public marginale gauchiste et anarchiste, après avoir flatté la masse. Dessaux fait radical en assurant que « la bureaucratie » est payée par l’Etat, mais il n’a jamais dénoncé l’intersyndicale et les manifestations comme moyens artificiels de tuer depuis le début toute réelle lutte. Il en rajoute une couche, pour protéger les mafias syndicales et les suiveurs anarchistes, en assurant que le blocage des routes avait été général, alors que ce ne fut que pitreries savamment orchestrées par les syndicalistes comploteurs de base tenus en laisse par les appareils. Et éloignés des pneus brûlés aux premiers coups de sifflet de fin de récré.

Notre petit Djougachvili en rajoute une couche encore plus débile, comme le veut cette tribune internationale de fieffé menteur djougachvilichien : « le mouvement était clairement communiste contre l’esclavage salarié », et « nous avons jeté les premiers pas du parti communiste en Europe ». Au fond, il faut que je fasse une révélation qui sera étayée dans mon prochain ouvrage (« Nouvelles réflexions sur la violence »), Staline n’était qu’un clone de Bernstein, et je vais conclure en riant d’un imbécile qui veut nous faire avaler des couleuvres syndicales, par la blague de Rosa Luxemburg : « Lorsque Bernstein pose la question de savoir si telle ou telle loi de protection ouvrière contient plus ou moins de socialisme, nous pouvons lui répondre que la meilleure des lois de protection ouvrière contient à peu près autant de socialisme que les ordonnances municipales sur le nettoyage des rues et l’allumage des becs de gaz – qui relèvent aussi du « contrôle social ».

samedi 18 décembre 2010

MARCEAU COLEMAN LE PIC VERT DE LA GAUCHE CAVIAR


L’antifâchisme démocrate à l’œuvre : Comment l’anarcho-trotskien Marceau Coleman bataille avec les moulins à vent des élites intellectuelles bourgeoises

"Tout à la sécurité et à la course avec le Front national, on en oublie de voir ce qui intéresse vraiment les Français." Rama Yade

« Ce n’est pas la tolérance qui fait cheminer le monde. Elle soumet et attache les classes opprimées et soumises au conformisme des privilégiés. L’histoire s’ébranle quand le troupeau humain s’écarte des illusions de la tolérance. Peu d’hommes sont des loups pour l’homme, trop sont des moutons. Les dominations de classe vacillent lorsque, dans le processus des formes organisées de la production, de violentes incompatibilités avec les engrenages traditionnels poussent l’avant-garde d’une classe jusqu’alors à genoux à se débarrasser de l’hypocrisie de la tolérance, pour emprunter la grande et intolérante voie de la Révolution“.
Bordiga (Anticléricalisme et socialisme, 1949, texte intégrable lisible sur mon 2e blog Archives maximalistes)


Sans conteste, Coleman n’a ni patrie ni frontières… de classe. Marqué depuis sa jeunesse par le breuvage stalino-démocratique de la secte de Laguiller, il poursuit un chemin chaotique qui repose sur le fondamentalisme multiculturel US. Ses productions anarcho-trotskiennes, par voie de tract ou de revue, sont si orientées grossièrement en faveur de la démocratie multiculturaliste et antiraciste de l’oncle Samuel qu’il faillit se faire démonter le portrait il y a quelques années au milieu d’une manif fréquentée par de braves « jeunes de banlieue » au front bas musulmaniaque ; ce que j’avais réprouvé à l’époque (les menaces physiques contre lui comme sa morale politique pro-occidentale). Je connais l’individu depuis 40 ans. Il fût mon chef de rayon de LO pour la prospection dans les HLM de Cachan de signatures par les « prolos » pour de meilleurs transports en commun. Le petit chef trotskien était déjà hautain, ergoteur et falsificateur. Le voici, quarante ans plus tard, de son propre chef sans le comité central de LO, chevalier de la croisade contre le danger de l’extrême droite. Il dispose des colonnes de « la bataille socialiste », site œcuménique ouvert à tous les petits chefs sans troupes du caravansérail des marginaux du gauchisme officiel, du tiers-mondiste N.Dessaux à Coleman pour que ces intellectuels marginaux nous fassent la leçon de choses et les cours de morale dont nous avons besoin pour nous agenouiller devant l’idée dominante antifâchiste démocratique et antiraciste conviviale. Chercheur expérimenté en complot « fâchiste », Coleman nous instruit donc grâce à son ami Lucien de la Bataille pivertiste, et comme le Pic vert, il martelle du bec (Sa célèbre illustration Woody Woodpecker a été créée aux States en 1940 pour distraire les enfants de la guerre, pour leur inculquer… l’obstination de la victoire…).Ce drôle d’oiseau possède en effet toutes les couleurs de la gauche caviar à l’extrême gauche verdâtre. Le Pic vert, qu'il soit mâle ou femelle, a une face supérieure verte (DCB ou Duflot) et la tête de piaf noire (CNT & cie), le croupion jaune (Besancenot), la face inférieure gris-vert (Manuel Walls) et le dessus de la tête rouge (PCF). La femelle (féministe en diable) se distingue par sa moustache noire, tandis que celle du mâle est rouge (LO), entourée de noir (CNT). Les jeunes (lycéens anars) sont plus clairs et tachetés. Enquête et révélations dans l’enfer de l’extrême droite :
« Depuis 2007, la collaboration entre Riposte laïque, la droite et l’extrême droite n’a fait que s’approfondir et ce ne sont pas les dernières déclarations de Marine Le Pen, le ven¬dredi 10 décembre 2010, qui nous contrediront. En effet, la dernière comparaison de l’avocate frontiste entre la période de l’Occupation nazie et le fait que quelques rues en France soient "occupées" une fois par semaine quelques minutes (sic) par des musulmans qui ne trouvent pas de salle assez grande pour prier, cette comparaison avait d’abord été rodée sur le site de Riposte laïque pendant des mois. Riposte laïque agit donc bien en poisson pilote, en passerelle entre l’extrême droite et la gauche comme nous l’expliquions dans le premier de nos deux articles sur les bases poli¬ti¬ques des prochaines Assises contre l’islamisation du 18 décembre reproduits sur ce même site http://www.mondia¬lisme.org/spip.php... , le second portant sur la gauche réacti¬onn¬aire du XIXe siècle, dont Riposte laïque perpétue la tradition xénophobe. Ce groupe teste en direc¬tion d’un public de gauche des formules xénophobes pour qu’ensuite le FN les balance dans les médias avec un effet dém¬ul¬tiplié par son poids élec¬toral, évid¬emment sans com¬mune mesure avec le petit lectorat de Riposte laïque. Le samedi 11 décembre 2010, à Lyon, a eu lieu un débat sur le thème des convergences politiques entre l’extrême droite et la gauche laïco-xénophobe. Nous reproduirons dans un second article les questions très intér¬ess¬antes qui ont été posées par les par¬ti¬ci¬pants à ce débat. Pour le moment, nous présentons ci-dessous le canevas de la présentation ». Selon deux journalistes du Monde (http://droi¬tes-extre-mes.blog.lemond...[NL_Titresdujour]-20101214-[zoneb]), cette comparaison est beaucoup plus vieille que je ne le pensais (Le Monde est une source indubitablement prolétarienne pour Marceau Coleman, ndt): « Le 15 mai 1993. Le FN, sous l’égide de son conseil scientifique, organisait un “colloque” intitulé “d’une résistance à l’autre, l’Histoire en question de 1940 à 1993″. Le délégué général, Bruno Mégret, y avait alors fait une intervention “remarquée”, racontée par Renaud Dely dans son Histoire secrète du Front natio¬nal (Grasset, 1999), traçant un parallèle abject entre l’occupant nazi de 1940 et les immi¬grés. “Le combat de la résistance visait à s’opposer à la fois à l’invasion allemande et à l’oppres¬sion nazie. Or, aujourd’hui il y a inva¬sion et il y a oppression.Certes, il s’agit de formes molles, non militaires de ces deux fléaux, mais les deux mots peuvent être valablement uti¬lisés.” “L’invasion, c’est naturellement l’invasion liée à l’immigration” poursuivait Bruno Mégret, la France étant, à ses yeux, “victime, depuis de nombreuses années, d’une authenti¬que invasion silencieuse et pour le moment pacifique. Il ajoutait que si “l’établissement adopte une atti¬tude de collaboration avec l’envahisseur”, “le Front natio¬nal adopte, lui, une attitude de résistance” ». Comme quoi, plus on creuse la question, plus les positions de la gauche laïco-xénophobe ne sont qu’un copier-collier de la "pensée" d’extrême droite ». Y.C. (pcc Yves Coleman autre nom de Marceau Coleman).
Pour comprendre la démarche idéaliste et néo-élitaire moraliste de Coleman il ne faut jamais oublier qu’il reste quelque part fidèle sur le fond baptismal à la secte trotskienne qui l’a engendré. LO itself a été formé pour l’essentiel non par Barta ou Pierre Bois mais par un cartel d’anciens staliniens qui ont ensuite déformés de façon sectaire à ce dérivé de stalinisme des générations d’étudiants petits bourgeois. La secte, qui s’était incrustée dans le paysage électoral français avec une « travailleuse du rang », a fini par se moyenniser, et ce n’est pas un hasard si c’est une prof, une arsouille de l’aristocratie enseignante (qui adore donner des leçons aux illettrés), qui la symbolise avec une posture « morale » accentuée et avec pour tout programme « une gauche propre » alors qu’au fond l’idéologie reste stalinienne totalitaire. LO ne part jamais des besoins de la classe ouvrière mais des besoins idéologiques de la secte pour affermir ses propres soldats et les « gens de peu » qui vont possiblement sponsoriser des élus qui ramèneront à la maison mère de précieuses prébendes concédées par « l’Etat bourgeois » pour préparer le coup de main de demain.
Hors de la secte, Coleman reste toujours dans ses miasmes mais manifeste une volonté peu commune, dans sa démarche solitaire… de les approfondir dans des domaines accessoires à la vie politique : la naphtaline homosexuelle, le détergent féministe, la complaisance avec les religions « évoluées », etc.
Plus sobrement que son éducatrice en politique quand Coleman commence à poser des questions, il évite de les poser du point de vue du prolétariat. Il les pose du point de vue de la bourgeoisie « éclairée » (cf. référence au titre « éclairé » et « voltairien » de sa réunion de café à Lyon le 14 décembre). La manière dont il pose les questions pour fournir non un cadre mais un « canevas à la discussion » mène à tout à condition d’en sortir, mais surtout pas à une clarification de la nature des campagnes idéologiques de l’Etat bourgeois ; le « canevas » ne sera plus comme on le verra au bout qu’une grosse toile humanoïde pour masquer les vraies questions de fond. Le « canevas », ce sont 6 points qu’on ne va pas suivre un par un car brouillons et surtout critères virtuels pour une « bonne pensée de gauche démocratique et multiculturelle ». Il en ressort que Coleman, chevalier solitaire d’un trotskysme humanisé, voudrait qu’on tienne compte des « évolutions » des religions ( !?), que « l’argumentaire anti-fasciste soit renouvelé » (sic !) face aux mutations de « l’idéologie de l’extrême-droite » ; tout cela fleure bon l’influence de l’historien juif Sernhell, vieil affidé de l’idéologie amerloque, qui, bien que menacé de mort en Israël, a inspiré nombre de bons communautaristes d’Etat de BHL (contrôle des médias) à Bourseiller (sciences Po) et à fifils Klarsfeld promu conseiller de l’Elysée (tous en bonne place dans le dispositif étatique dominant), dont la thèse nationaliste juive peut être résumée ainsi : la France a été la mère du fascisme et surtout la gauche politicienne du XIXème siècle « socialiste » ; avec ce complément colemanien : l’immigré en général et le juif en particulier sont des figures intouchables, pures de toute souillure.
Le racisme et l’antisémitisme sont des idéologies encore très actuelles malgré leur arriération, et les intellectuels bien pensants peuvent bien les combattre sur le plan littéraire cela ne diminue en rien leur prégnance, dans la mesure même où ces idéologies sont incluses dans le double langage des intellectuels de gouvernement … on encourage d’un côté l’expression publique de toutes les arriérations religieuses et de l’autre on donne des leçons de morale au bon prolétariat « raciste » en se moquant du fait qu’il se sente étranger à des coutumes importées qu’on lui impose sous le nez au quotidien. La révolution est aussi architecturale comme aurait dit Henri Lefebvre : dans un univers peuplé d’Eglises, de mosquées, de bazars tiermondistes, de déguisements du Sahara, etc. comment penser la liberté des individus dans ce monde où règnent les objets fabriqués par des enfants chinois et des colifichets, marchandises religieuses produites à bas prix par ces mêmes enfants, et un monde débarrassé des superstitions comme des gadgets en plastique?
Coleman dans tous les cas évacue l’équation prolétariat/bourgeoisie, comme tous ces guides moraux des classes inférieures que sont les intellectuels syndicalistes anarchistes et les grands écrivains sarkoziens. Il aborde les questions « en l’air » comme on souhaite attraper une mouche au vol. Les discussions sur la laïcité et l’Islam : « … des divergences sur la nature de la nation »( !?). Et le sexe des anges c’est une discussion « sur la pertinence de la défense de l’Etat-nation » ?
L’actuelle campagne électoralo-gouvernementale à la suite de la protestation de Marine Le Pen sur l’occupation de la rue Myrha à Paris par des musulmans en prières va nous permettre de déshabiller le collabobo Coleman. Il est criant de vérité qu’à l’occasion de cette campagne idéologique la bourgeoisie essaie de recrédibiliser ses deux fractions élitaires – droite caviar et gauche caviar – en ciblant sur le « danger Marine », « plus light donc plus dangereuse que le père ». Le principal journal bourgeois en faillite et le plus méprisant du prolétariat – Le Monde – croit avoir trouvé la faille : « Le musulman a remplacé l’immigré dans le discours de Marine Le Pen ». De Joffrin de Libé aux plumes les plus serviles du Figaro, de la Licra au NPA, tout ce beau monde veut nous relooker l’antifâchisme selon les bons vœux de Coleman. On tente de nous faire respirer ce bon air national républicain et tolérant. Chacun se rejette la balle du prétendu dérapage de Marine. Selon le PS, Sarkozy a œuvré depuis la veille de son accession au pouvoir à exhumer les eaux glauques du FN quand l’UMP accuse le PS de laxisme angélique pour avoir autorisé depuis des années la prière de rue à Paris.
L’hypocrisie en une formule du « Le Monde » résume bien le double langage bourgeois. L’immigré avait fini par être accepté, n’est-ce pas, puisque Marine « est obligée » de le remplacer par le « musulman ». Mais, en laissant de côté que la déclaration de la fille Le Pen est outrageusement instrumentalisée – pour un fait divers largement dénoncé depuis belle lurette par les simples riverains parisiens, et même des ultra-cathos (qui ont aussi le droit de se plaindre, non ? Tolérant Coleman ? (*) – c’est pourtant le discours de toute la bourgeoisie occidentale depuis la guerre mondiale ratée de septembre 2001 : le terrorisme « musulman » a remplacé le terrorisme russe !
Le danger est devenu autant extérieur qu’intérieur selon la même dialectique d’Hitler : le danger intérieur juif qui avait remplacé le danger intérieur prolétarien, au service de l’élimination historique du prolétariat universel durant la Seconde boucherie mondiale. L’immigré, de préférence maghrébin a remplacé le juif, il est à la fois « travailleur » à l’intérieur mais possible graine de terrorisme de l’entité Al Qaida. Il n’a plus d’identité de classe comme le juif de 39-45, soit c’est un bon prieur démocratique dans les enceintes (garages, moquées, etc.) prévues à cet effet par le bon Etat démocratique et multiculturel, soit, devenu largué des banlieues, il est parti s’entraîner en Afghanistan ou en Tchétchénie pour revenir au pays poser des bombes contre les « civils innocents » mais électeurs et chairs à canon lorsqu’ils sont encore vivants.
Pour éviter toute jonction de classe entre prolétaires, mais en même temps (favoriser division et incompréhension) la bourgeoisie intellectuelle et ses sous-fifres à la Coleman, somment les prolétaires de souche de se défier du… racisme et de l’extrême droite et des multiples « passerelles » qui y conduisent. L’axe du mal ainsi clairement identifié il ne reste plus qu’à voter dans le trou entre le candidat qui sera le plus anti-xénophobe ou celui qui est clairement représentatif de l’antiracisme. Coleman, comme tout gauchiste moyen, n’imagine pas un seul instant que cette entité « immigrée » soit composée de gens (arrivistes intégrés et Rachida Dati à tous les étages des administrations publiques) qui vote FN, PCF ou Sarkozy. Drôle de passerelles électorales autrement plus troublantes que les quelques gogos de « Riposte laïque ». Au passage, comme tous les traditionnels caméléons (à la LO), Coleman oublie de nous dire où il emprunte sa radicalité de façade ; c’est Bordiga qui lui a appris à dénoncer la comédie de la laïcité, mais par contre le communiste napolitain n’a jamais fait de concession aux superstitions religieuses ni décrété qu’elles avaient évolué). Coleman ne fait que picorer à droite et à gauche dans une vision confusionniste de l’histoire qui mêle XIXe et XXe siècle, à la suite des idéologues nationalistes juifs et de leurs clients américanophiles un peu partout qui alimentent la bonne conscience de l’anarchiste moyen.
UN PASTEUR DE LA THEORIE DE LA PASSERELLE
Les transfuges en politique sont très nombreux depuis même avant le XIXème siècle et on y perdrait notre latin ou notre hébreu à les lister et à être consternés par leurs lâchages, leurs opportunismes et enfin leur servilité. En France comme partout dans le monde le spectacle de la politique bourgeoise offre quotidiennement des échantillons de « vendus » et de « pourris » de divers partis, syndicats ou sectes gauchistes qui passent à l’ennemi. Ce sont souvent des allers et retours. Mais pour Marceau Coleman rien de plus horrible que de monter sur une passerelle ou un pont qui conduit vers l’enfer de l’extrême droite. Oubliées les accointances Mitterrand-Pétain, De Gaulle-Pétain, Chirac-Le Pen, Mitterrand-Le Pen, Sarkozy-Le Pen, etc. Les coulisses n’intéressent point le pasteur Coleman qui pose pour catéchiser le bon peuple, ces salauds d’électeurs «petits blancs » du FN. Peu importe qu’à droite le personnel politique vogue aux extrêmes, peu importe que l’extrême gauche instrumentalise de façon apolitique (F.haineuse…) l’extrême droite, pasteur Coleman va plus loin, il est le sergent recruteur bénévole au coin de la rue pour vous culpabiliser si vous doutez un seul instant de la gauche « propre » (barrière idéologique infranchissable pour un électeur normal) et que vous accordez un soupçon de raison à un argument d’un fâcho. La famille Le Pen a renouvelé son fond de commerce, nul ne peut le nier, le musulman remplace l’immigré, sans que le fond (du commerce électoral) ne change : la crise c’est la faute aux immigrés pas aux patrons ni aux banquiers ni aux Etats nationaux. Et si Le Pen avait eu raison en parlant il y a 30 ans de risques d’envahissement ? Quoi ? Qu’avez-vous dit là ? Mais vous êtes un horrible xénophobe, soutier inconscient de l’Hitler français ! Je vais vous dénoncer à Martine Aubry, à Dominique SK et à Besancenot !
Le vrai problème n’est pas de donner raison à Le Pen, quoique même un taré quelconque puisse avoir raison sur un point secondaire, le problème est que la bourgeoisie « tolérante », « œcuménique », « communautariste » sait ce qu’elle fait en généralisant les autorisations d’exhibition aux diverses « autorités religieuses », elle fout la merde non simplement dans la population franchouillarde (dont je n’ai que foutre) mais parmi le prolétariat sans patrie ni frontières d’intérêt ou de religiosité…
De l’extrême gauche au gouvernement d’un côté, c’est la même chanson anti-xénophobe hypocrite avec chapeau bas devant les tapis de prière des malheureux alors que, comme le dit excellemment un blogueur anonyme : « Pourquoi tant de gens prient, parce qu’ils ne croient pas aux bobards d’ici bas de nos politicards corrompus ». Les laïques en peau de lapin intégriste catho et le FN jouent les innocents les mains pleines de leur côté. ; et Libé qui est pour les « vraies valeurs de l’Islam » dénonce des pique-niques saucissons-pinards « cocktail rouge-brun contre l’Islam » le 18 déc.). Mais comme on rejette les deux tas de menteurs, pasteur Coleman vient pour épauler les premiers : « Il faut dénoncer ces rapprochements idéologiques entre droite et gauche qui sont mortifères pour tout changement social, mais il faut souligner aussi que la critique des religions doit tenir compte de leur évolution… ».
Pas du tout, on ne peut que se féliciter du rapprochement idéologique des gauche et droite bourgeoises, mais les accordailles sont déjà bien anciennes, et Coleman nous fait rire comme ce pic vert qui s’obstine à piqueter avec son bec contre l’arbre mort de la gauche caviar en croyant rallumer un peu de la croyance en un « changement social »… électoral !
Les prolétaires n’ont aucune leçon de morale à recevoir des partis élitaires comme du FN nationaliste, ni des mendiants anarchistes au coin de la rue comme le défroqué Coleman. Ils peuvent faire deux constats par eux-mêmes :
- La gauche caviar a toléré (l'apparatchik Vaillant à Paris, entre autres) l’envahissement des symboles religieux pour favoriser le profit des industriels français désireux de fixer une main d’œuvre taillable et corvéable à merci pourvu qu’on lui colle des mosquées, et la religion musulmane, comme toutes les autres, reste totalement complice du Capital,
- Comme au moment de l’affaire Dreyfus, et contrairement à Mesdemoiselles Yade et Royal, les prolétaires ne sont pas concernés que par les questions économiques mais aussi par les questions de société, de mode de vie, de cadre de vie, et surtout ont besoin de discuter « où va la société actuelle » plutôt que de s’égarer dans les questionnements et soupçons antifascistes de cet oiseau et oiseux de Coleman.


(*) En vérité (cf. cit de Bordiga en exergue) la tolérance de Coleman est très intolérante, comme celle du gouvernement et de ses médias. A chaque page il menace de « concession » au fâchisme, de glissement par des passerelles vers les méchants du FN, parce que le MONDE EXISTANT est beau, il est gentil, il est multiculturaliste, il est communautaire. Le gauchisme et l’anarchisme réunis entonnent un même chant en faveur de la préservation de l’idéologie dominante. Les particularismes excluant, les provocations intégristes, la soumission des femmes aux règles religieuses… il faut les tolérer, respecter les traditions des « peuples ». Tous les gauchistes tiers-mondistes étaient sur la même longueur d’onde dans les années 1960 et 1970, il fallait laisser les peuples se massacrer entre eux, ou les bourgeoisies nationales s’émanciper sur le dos de leurs peuples, c’était la « libération nationale », révolutionnaire… De même aujourd’hui, il faudrait intégrer selon pasteur Coleman les « évolutions des religions », contre la montée des « national-populismes ». Il contribue ainsi lui aussi à cette montée jusqu’à Hollande…
PS: pour les néophytes, Yves Coleman étant un des petits chéris du site social-démocratoc La Bataille socialiste, ce dernier admirateur des gauchistes gouvernementaux du Front Popu comme Marceau Pivert, vous comprendrez la raison de mon jeu de mots.

L'Elysée côté bilan du mouvement "général" pour les retraites...


par Arnaud Leparmentier (L’Elysée côté jardin, d'après son blog sur Le Monde du 14 dec)

Retour aux fondamentaux de 2007 sur le travail. En déplacement dans l’Eure, pour faire une visite de l’usine de moteurs Safran-Snecma, Nicolas Sarkozy a vanté sa politique industrielle, réitéré son crédo en faveur des usines. « Pour moi l’industrie, ce n’est pas une marotte. Les usines, c’est un lieu où les gens travaillent. Il faut réapprendre à aimer nos usines », a-t-il expliqué. M. Sarkozy a invité à dîner à l’Elysée le prix Goncourt Michel Houellebecq, qui imagine la France transformé en vaste site touristique. Dans un lointain écho, Nicolas Sarkozy lui a répondu au cours d’une table ronde sur la filière aérospatiale: « Le tourisme ne se développe que dans les territoires qui ont gagné de l’emploi ».
Comme à son habitude, M. Sarkozy a visité l’usine, écouté attentivement. « Je ne vais pas faire semblant de comprendre ce que je n’ai pas compris des explications qu’on m’a fait », a-t-il concédé. Mais il en ressort conforté sur la nécessité de soutenir la filière aérospatiale française.
A dix-huit mois de l’élection présidentielle, il a ressorti son crédo en faveur du travail. « Si la vraie vie est en dehors du travail, c’est toute la société qui s’effondre…Le travail, c’est ce qui libère l’homme, ce n’est pas ce qui l’aliène. C’est le chômage qui l’aliène. Quand on va au travail en se disant : mon dieu quelle horreur, je n’aime pas mon travail, je n’aime pas l’ambiance qu’il y a la bas, je ne crois pas en ce que je fais, je ne pense pas que les week-ends et les vacances soient extrêmement épanouissants », a expliqué M. Sarkozy.
Ainsi a-t-il vanté la défiscalisation des heures supplémentaires, la suppression de la taxe professionnelle (« une usine, cela se délocalise, une mairie non »), le crédit impôt recherche. « S’il n’y a pas de capital investi, le travail, il n’y en a plus ». Bref, une politique de compétitivité. « La vraie politique sociale elle consiste davantage à investir dans l’innovation plutôt que d’investir dans une nouvelle allocation sociale », assuré M. Sarkozy, qualifiant de “politique sociale monderne” les 250 millions d’euros investis dans le successeur d’Ariane 5 dans le cadre du grand emprunt.
Le style de la table ronde se voulait décontracté. Les intervenants ont parlé, presque plus que M. Sarkozy. Il a fait une plaisanterie avec Valérie Pecresse, la ministre de la recherche qui, « bonne camarade » lui tendait « une anti-sèche énorme ».
Pour finir, le chef de l’Etat a défendu la réforme des retraites. « Naturellement que la réforme est douloureuse, qui peut le contester ? Elle consistera à l’horizon 2018 à ce qu’on ait travaillé deux ans de plus sans gagner plus ». Un lointain écho au « travailler plus pour gagner plus » de 2007, revisité par la crise ?".

On attend maintenant des "directions syndicales" un même bilan de l'échec de leurs processions bêlantes: "l'échec est douloureux, qui peut le contester?". Surtout pas les aristocraties syndicales qui l'avaient programmé.

jeudi 16 décembre 2010

WikiLeaks, héros ou escrocs ?

Par Pierre Caron (sur ZDnet)

J’ai trouvé çà ce matin. J’ai pensé que cela pouvait intéresser mes chers lecteurs à l’esprit critique contrairement aux anarchistes et gauchistes neuneus qui se sont précipités pour glorifier Assange et le rigolo M.Moore, son dernier soutien (Cantona s’y mettra-t-il aussi ?). Ces infos d’un site pro recoupent en partie ce que j’avais déjà souligné dans mon article
« La grande mystification de Wikileaks ». WikiLeaks semble bien être une sorte de Canard Enchaîné international où les barbouzes de la CIA laissent passer ce qui les arrange pour manipuler l'opinion, comme le Canard sert en France régulièrement à lancer les campagnes idéologiques de la bourgeoisie. On peut y ajouter ce commentaire à l’article d’un de leurs lecteurs perspicaces :

« l'Affaire Wikileaks : le commencement d'une guerre Internaute il est essentiel de savoir, que les USA première puissance, ont toute les ressources de contrôler le monde, et veulent nous faire croire qu'ils ne parviennent pas à empêcher wikileaks de divulguer des informations classées secret défense ? En fait, il s'agit de la seconde étape de leur plan après celui du 11 septembre 2001. En effet, wikileaks révèle que l'Arabie Saoudite a demandé un soutien militaire pour anéantir la République Islamique d'Iran, c'est complètement faux, ces allégations vont uniquement favoriser une guerre proche et de grande ampleur dans le Moyen Orient (plus particulièrement la Syrie, la Jordanie, l'iran, le Liban, l'Arabie Saoudite, le Koweit). Vous observerez d'ailleurs le logo de wikileaks est assez surprenant : il s'agit de 2 globes terrestres ressemblant étrangement à un sablier annonçant l'échéance d'un décompte... Le logo ce trouve sur ce site : www.wikileaks.ch/... Le plus surprenant est que le globe terrestre du bas, une sorte de goutte cache tous les pays du monde arabe en orient... Bizarement le continent américain n'est pas représenté sur ce logo... Ca va commencer dans les pays arabes détenteur de la dissuasion nucléaire, et ça va se généraliser petit à petit dans le monde. C'est la seconde étape de l'arrivée du soi-disant "nouvel ordre mondial" Wikileaks est un leurre qui diffuse de l'intox et non de l'info... ».(Hichem 91)__________________________________

J'ai résisté pendant plusieurs semaines aux sirènes du buzz "Wikileaks" ; mais mes fils RSS se sont inexorablement remplis à 80% d'articles directement ou indirectement liés à ce sujet. J'ai donc décidé de boire la tasse jusqu'au bout, et de m'offrir une cure intensive de Wikileaks avant de passer à autre chose. Le lecteur légitimement agacé de la récurrence de ce sujet pourra arrêter ici la lecture de ce billet.
Commençons par un focus sur la naissance mouvementée de Wikileaks, qui en dit déjà long sur les orientations du projet.
• 4 octobre 2006 : Wikileaks.org est enregistré par John Young, co-fondateur de Wikileaks et fondateur de Cryptome.org, autre site bien connu pour dévoiler des documents confidentiels. Le projet Wikileaks ne possède à ce stade aucun site web ni aucune visibilité extérieure : tout se passe sur une liste de diffusion privée, où les premiers membres définissent de concert les lignes directrices du projet. Le principe fondateur est de dévoiler des documents confidentiels dérobés à des gouvernements, mais pas n'importe lesquels : "les gouvernements autoritaires non-occidentaux" ["our focus is on non-western authoritarian regimes"]. L'idéologie qui soude les membres fondateurs est basée sur le principe que le secret est forcément nuisible à la démocratie. Le groupe s'efforce dans un premier temps de mettre en place des outils et des mécanismes permettant de protéger leurs sources.
• décembre 2006 : Wikileaks se dévoile au grand public avec la diffusion d'un document volé à l'un des leaders d'un tribunal islamique en Somalie. Dans leurs interviews initiales, les porte-paroles de Wikileaks affirment posséder plus d'un million de documents confidentiels dérobés à des gouvernements. En privé, Julian Assange déclare vouloir obtenir $5 millions en donations sur les six premiers mois ; un objectif excessif qui fait claquer la porte du projet à John Young, qui accuse Wikileaks d'être à la solde de la CIA : selon lui, il n'y a qu'une manière pour un site naissant d'acquérir autant d'argent en si peu de temps, c'est d'être financé par un service d'Etat. Julian Assange répond à ces accusations par "Si escroquer la CIA peut être utile au projet, alors nous l'escroquerons" ["If fleecing the CIA will assist us, then fleece we will"], et ajoute "Nous avons déjà des soutiens de la part du NED (National Endowment for Democracy), du CFR (Council on Foreign Relations), de la Freedomhouse et d'autres tétines de la CIA" ["We have pullbacks from NED, CFR, Freedomhouse and other CIA teats"]. Young met à disposition ici et ici des archives complètes des e-mails échangés par les fondateurs de Wikileaks lors des premières semaines du projet.
Avant 2006, des documents mentionnent Assange tantôt en tant que président de l'Australian National Cognitive Facility, tantôt de l'Australian Institute for Collaborative Research, deux organismes très discrets domiciliés à une même boîte postale australienne, et dont on trouve fort peu de traces sur le web. Autant dire qu'on ne sait pas grand chose du passé d'Assange, en dehors de sa "carrière" de hacker, qu'il raconte dans son livre "Underground" publié en 1997.
Après la fondation de Wikileaks s'ensuivent plusieurs années plus ou moins intéressantes, où Wikileaks va dévoiler des documents confidentiels de diverses sources. Ce qui nous amène aux polémiques actuelles et aux événements de ces dernières semaines, qu'on pourra résumer de la manière suivante :
Début juin, l'arrestation de Manning (l'analyste qui avait transmis à Assange des dizaines de milliers de documents confidentiels sur les guerres d'Afghanistan et d'Irak), trahi par Adrian Lamo, est rendue publique. Kevin Poulsen dévoile dans son article que Manning avait également transmis à Wikileaks 260.000 câbles diplomatiques confidentiels ; mais la publication des câbles ne débutera que le 28 novembre. Entre temps, les ennuis ont commencé pour Assange : le mandat d'arrêt international contre lui, émis fin août par les autorités suédoises et annulé le lendemain même, refait surface le 1er septembre. On apprendra plus tard que l'une des plaignantes aurait des liens avec la CIA. Wikileaks en prend également pour son grade : un pirate patriote, "Th3j35t3r", s'en prend d'abord à Wikileaks et met le site hors ligne pendant plusieurs heures, avant de revendiquer l'attaque. Wikileaks quitte alors son hébergeur pour migrer sur la plateforme EC2 d'Amazon, pour s'en faire bannir à peine deux jours plus tard. Le domaine Wikileaks.org est suspendu, Paypal, MasterCard et Visa coupent le robinet financier et cessent d'accepter des dons pour l'organisation. Les sites miroirs se multiplient -- pas loin de 1700 à l'heure où j'écris cet article. Des pirates, les "Anonymous", entament des attaques de déni de service contre les sociétés qui sont hostiles à Wikileaks -- quelques milliers de volontaires sont enrôlés pour l'occasion ; puis les Anonymous changent de stratégie en incitant les volontaires à dupliquer les mémos sensibles le plus possible afin de rendre impossible leur suppression. Parallèlement, deux anciens de Wikileaks claquent la porte et fondent OpenLeaks, un projet concurrent. La dissidence interne chez Wikileaks se fait en effet sentir depuis des mois, l'attitude dictatoriale d'Assange étant dénoncée par ses proches collaborateurs. On apprend ainsi qu'Assange vivrait rubis sur l'ongle, avec pas moins de $225.000 de dépenses personnelles, de voyages en première classe, d'hôtels de luxe et de vêtements rien que pour l'année 2009 ; tandis que le supposé soutien financier au soldat Manning peine à arriver.
Et pour couronner le tout, Dimitry Medvedev a publiquement annoncé en décembre que Julian Assange devrait être candidat au Prix Nobel de la paix ! Une déclaration qui tente certainement de calmer le jeu après qu'Assange ait déclaré à un journaliste moscovite que le Kremlin devait se préparer à une nouvelle série de fuites concernant la Russie...
Toute cette agitation, rappelons-le, a pour origine la publication :
• de câbles relatant les manies et les petits défauts de chefs d'Etat du monde entier. Des "informations" dont, au mieux, on rit, mais qui ont leur place dans des magasines people, pas dans des journaux sérieux ;
• d'un câble en particulier, vivement critiqué, listant les infrastructures mondiales jugées comme critiques pour les Etats-Unis. Mais ne cherchez pas de scoop : on apprend de cette liste que les grands ports internationaux sont des enjeux critiques, au même titre que l'industrie pharmaceutique, les câbles sous-marins, et même les ponts. Mais point de bunkers ou de sites militaires secrets. La publication de cette liste a été vivement critiquée comme pouvant faciliter un attentat. Si c'est le cas, à ce titre, il faut également interdire la publication des annuaires et des cartes maritimes et routières : tout est dedans !
• de plusieurs câbles, publiés en tout début de crise, portant sur la politique extérieure américaine : on y apprend par exemple que des pays arabes, dont l'Arabie Saoudite, ont fait pression sur les Etats-Unis pour intervenir contre l'Iran ; que la Corée du Nord aurait vendu à l'Iran une technologie de missiles pouvant transporter des charges nucléaires ; que la Chine serait prête à revoir son alliance avec la Corée du Nord ; que le piratage de Google aurait vraisemblablement été commandité par le gouvernement chinois ; etc, etc. Des informations certes confidentielles, mais en rien embarrassantes pour les Etats-Unis, bien au contraire, puisqu'elles rendraient presque sympathique leur politique extérieure au moyen-Orient et en Asie.
Résumons donc cette agitation à cette observation : les seuls vrais scoops publiés par Wikileaks ces derniers mois sont très favorables aux Etats-Unis.
Cette agitation a pour le moment réussi à occulter les questions suivantes :
• Le premier principe de Wikileaks était de s'attaquer à des gouvernements autoritaires non-occidentaux. Comment Assange en est-il arrivé à mener une croisade contre un état (à peu près) démocratique et occidental, les Etats-Unis ?
• Le second principe de Wikileaks était le refus radical du secret comme principe de gouvernance. Comment Wikileaks a-t-il pu lui-même devenir une organisation secrète, au financement opaque, et dont les membres sont pour la plupart restés anonymes ? Et d'où vient l'argent ?
• Si les révélations de Wikileaks sont aussi fracassantes que ce qu'en disent les gouvernements du monde entier, comment se fait-il que rien n'ait été fait pour empêcher la diffusion de ces documents, qui était pourtant annoncée depuis des mois ?

lundi 13 décembre 2010

MARINE LE PEN LANCE LA CAMPAGNE PRESIDENTIELLE de 2012



Marine Le Pen en dénonçant l’occupation de la rue par les prières musulmanes (impayables c’est vrai) a allumé le feu de la campagne présidentielle 2012 qui tardait à prendre son envol avec un PS collé au sol et humide. Triste campagne jusque là, avec pour seule perspective de la gauche caviar et de ses gauchistes : comment faire barrage à NS ? La réponse ne pouvait pas non plus être TSS, tout sauf Sarkozy car à ce compte un remake de la farce de 2002 accroîtrait encore la masse des abstentionnistes.
Très mitterrandiste, la droite au pouvoir sait parfaitement que l’impopularité prolongée de l’actuel président pourrait lui coûter la place en tête de l’Etat, aussi en agitant la menace du FN, elle a introduit une autre donnée qui prend de cours le PS enfariné. Mitterrand avait su sans cesse gouverner à l’aide du double langage, comme par exemple l’antiracisme et une politique rigoureuse de continuité des expulsions. Il avait su fort habilement jouer de la menace du FN en son temps pour empêcher la droite de revenir au pouvoir. Dès 1981 il avait demandé qu’on exhibe la marionnette Le Pen à la télévision, poussé à l’invention du club antiraciste et antifâchiste « Touche pas à mon pote ! » (condamné bcq plus tard par la justice pour prévarication); avait ordonnancé une campagne sur un sujet cruel de la Seconde Guerre mondiale (les chambres à gaz) qui permit de diaboliser tout opposant comme d’oublier que Mitterrand avait été un petit ministre de Pétain. Tout ce qui, de près ou de loin, se plaignait du laxisme sécuritaire de l’Etat ou d’avantages particuliers pour la population immigrée, était taxé d’affidé du FN. Résultat la droite était assimilée au FN, diabolisée comme lui.
François Fillon et Jean-François Copé ont appelé samedi à «l’union sacrée» de l’UMP, malmenée depuis le remaniement, lançant la «mobilisation» pour la réélection de Nicolas Sarkozy face au «danger» d’un retour de la gauche aux affaires et de la montée du Front national. En vérité le « danger » viendrait plutôt de la personnalité de Sarkozy, apte jusque là à fédérer tous les mécontentements contre sa personne. La gauche bourgeoise n’a pas de programme alternatif à l’austérité voulue par tous les Etats du monde pour se sauver de la crise systémique ; elle ne suscite surtout aucun enthousiasme chez les millions qui ont vu leur espoir de retraite éloignée de 2 à 5 années.
La manipulation de la droite au pouvoir est donc très mitterrandienne en agissant constamment avec le double langage, et sur plusieurs tableaux qui tous dessinent un horizon bleu Sarkozy bis. La mise en avant du facteur sécuritaire par l’exhibition des crimes de sang les plus odieux, tout comme d’une justice prétendue capable de faire la part des choses en condamnant – tout en défendant moralement la corporation - une poignée de flics aussi lourdement qu’un grand nombre de petits délinquants ou de manifestants injustement accusés de déprédations, est le socle électoral de base qui se moque du chômage. Le retrait d’une contravention pour port du niqab au volant en même temps que la mise en vedette de la fille Le Pen pour sa protestation contre les prières dans la rue, contribuent au même moment à flatter l’électeur de souche arabe autant qu’à enlever des voix au PS « antiraciste angélique » ; en effet contrairement aux illusions démagogiques du petit Besancenot avec sa copine voilée, une bonne partie de la population française d’origine immigrée (ce qui n’est pas un label de sainteté ni de conscience prolétarienne) vote UMP, ce qui est normal puisque beaucoup de dits immigrés sont aussi arrivistes que la plupart des couches moyennes autochtones.
Comment considérer cette nouvelle campagne de diabolisation de la famille Le Pen illustrée par le dessin en Une de Libé?
Comme une tentative tout azimuts pour intéresser la population aux élections sans enjeu de 2012. Pour qu'il y ait moins de 50% d'abstentions. Pour que Sarko soit réélu avec un chiffre honorable, et parce que l'oligarchie et vous les journalistes franc-macs (bravo l'orchestration en une de Libé avec le dessin des deux "monstres" à faire peur au lycéen) avaient compris que ces élections n'intéressent aucunement la classe ouvrière because en face de Sarko y a person qui répond, le PS cuit, DSK cuit de toute façon (et aussi pourri que l'actuel occupant de l'Elysée), PC, Mélanchon et gauchistes minables. Donc vous nous ressortez la grosse caisse des monstrueux Le Pen. C'est ce qui s'appelle se ficher du prolétariat. Voter c'est comme se syndiquer, ça sert à rien. Vos appels hystériques contre la prétendue menace du FN négligent que le programme du FN est aussi vide que celui du PCF. Dans la crise il n'y a aucune solution nationale ni question à résoudre pour les immigrés en général. La seule solution, et vous le savez, serait la guerre au bout de la crise mondiale, or ni le FN ni l'UMP ni la gauche caviar ne vont se hasarder à exhumer cette vérité pour l’instant (bien que l’allusion de la fille Le Pen à « l’occupation » soit parlante d’une certaine façon : qui dit occupation signifie qu’il faudrait... chasser l’occupant, mais quel occupant ? Les dollars US ? Le contingent allemand arrivé à Strasbourg ?
Le Tollé de cette nouvelle campagne idéologique n’est qu’un tohu-bohu de prétendants et prétendus. Vous nous faites tous rigoler les bons démocrates antiracistes et le chauve qui peut Copé, et de l'autre la fille Le Pen avec son discours clientéliste à deux balles. Tout cela est de la pipole politique. Vous les journalistes en accordant une importance à cette préparation électorale vous répercutez le mépris de l'oligarchie dominante (des gauchistes officiels aux toutous du gouvernement comme la Licra) contre les prolétaires français et immigrés. Vous triomphez certes après dix mois de balades syndicales inutiles où (tiens!) il n'a jamais été question de ces histoires de religion et de races, car la question sociale remise au musée de l'idéologie bourgeoise ces fadaises d'un autre âge. Vous triomphez parce qu'on a infligé une défaite humiliante à la classe ouvrière, grâce aux facéties des appareils syndicaux, sans lesquels Sarko était KO en deux jours...
Joffrin et Cie affichent la même vieille rhétorique usée…
qui avait servi à faire gagner Chirac "le truand" contre Le Pen "le facho".Vous remarquerez que le comité de rédaction de Libé se tire une balle dans le pied en page de couv avec le titre "Histoires d'excentriques", excentriques qui? Papy et fifille Le Pen ou les plumitifs de Libé?
Cet antifascisme de salon n'est d'aucun effet contre le FN qui n'est pas fasciste mais dont la clientèle, en générale petite bourgeoise ou "petits blancs", n'est pas non plus complètement méprisable. Les quartiers déshérités qui ressemblent de plus en plus, avec leurs bazars et boutiques halal, à n'importe quelle mégapole du tiers-monde + les déguisements religieux en nombre envahissant, contribuent à la perte d'identité non pas française (ça je m'en tape) mais laïque. Aucune religion ne doit dominer la cité moderne ni imposer ses us et coutumes. Mais cet envahissement par des aspects extérieurs de la religion musulmanne est voulu et recherché par l'Etat capitaliste, d'abord par gros intérêt économique (attirer les immigrés arrivistes avec plein de Rachida Dati dans les postes de chefs administratifs qui sont les plus zélés une fois en poste), ensuite pour accuser les citoyens français qui se sentent étrangers à leur tour d'être des salauds d'électeurs potentiels du FN... alors que tout est fait, avec les mêmes arguments ambigus (antiracisme et stigmatisation des roms, mais sous-entendu aussi des arabes "délinquants"), pour que les votes destinés au FN aillent à l'UMP! Votre combat de journalistes de gouvernement, aux côtés des menteurs au pouvoir est d'inventer ce clivage fâchisme/démocratie, irréel, quand le vrai clivage est classe bourgeoise pour le maintien des divisions et inégalités face aux prolétaires français et immigrés non arrivistes qui ont tout intérêt à l’abolition des barrières nationales et religieuses.

samedi 11 décembre 2010

BILAN CRITIQUE DU SOUTIEN PERVERS DE LA CGT AU GOUVERNEMENT (suite 2)


COMMENT LES TROUPES SYNDICALES SE SONT DONNEES BONNE CONSCIENCE ?
Voici un texte élaboré à partir de la synthèse des confrontations – je dis bien confrontations car on ne peut pas vraiment discuter sur les forums aveugles d’internet – entre des adversaires masqués des régiments de syndicalistes et gauchistes de clavier, et l’analyse que je continue à élaborer, grâce justement à ces critiques, parfois lourdingues et sans aucun sens critique, mais qui m’intéressent. J’ai gardé les tonalités plus directes et plus personnalisées, comme si je m’adressais à une assemblée sans craindre sifflets et déterminé à démontrer l’hypocrisie des groupes de manifestants. Flatter une assemblée est le meilleur moyen d’encourager l’opportunisme, le suivisme et la lâcheté. Il est surtout très imbécile de passer son temps à la dénonciation des seuls chefs, surtout quand ceux-ci expriment tout de même le niveau de conscience ras des pâquerettes des ouailles syndiquées ou non. J’ai conscience d’être hérétique et d’innover dans le mouvement ouvrier en me refusant à flatter « les masses », quoiqu’il me revienne que notre regrettée Rosa Luxemburg avait dû se résoudre à constater quel degré de lâcheté sont capables les masses… en 1914 par exemple ! A noter que notre vieil ami Henri Simon a produit dans sa feuille de chou « un monde en luttes » une intéressante analyse sur comment on fabrique une manifestation avec un usine de 1000 personnes avec 40 permanents syndicaux (nuance qui a échappé au CCI dégénéré comme on le verra).

UNE CONSCIENCE SYNDICALE AU RAS DU TROTTOIR

La "conscience syndicale" est la conscience zéro de chacun dans sa petite corpo, derrière son petit leader syndical (qui tonitrue sur la camionnette des conneries de cour d'école). Vous marchiez bien contents d'être dispersés en fin d'après-midi et d'attendre le soir à la télé la date de la prochaine manif... parce que vous n'alliez pas verser votre sang pour tous ceux qui attendront deux ans de plus ni ne bénéficient des « régimes spéciaux » (une cinquantaine).
Les milliers qui défilaient en majorité ne pensaient qu'à leur gueule, se déculpabilisaient à bon compte de suivre leurs bonzes, quitte à leur faire porter le chapeau de la clownerie du blocage des raffineries. Ils se dédouanaient ainsi de toute réelle solidarité ouvrière. Donc les vrais traîtres c'était vous les manifestants privilégiés! Ce n'est même pas du machiavélisme mais de la perversion. Tout ceci étant relatif parce qu'on n’a pas assez bouffé de vache enragée pour mener à bien une révolution. Résultat quand même, chute de 4 points de tous les syndicats aux élections professionnelles. ET puis il y a et il y aura les petits arrangements sous la table, déjà planifiés dès 2009 entre partenaires sociaux, pour certains secteurs tenus au calme ; c’est sans heurt qu’est annoncée en novembre la mise à la retraite de 3000 salariés de Renault à 58 ans (et non à 62) en raison de la pénibilité de leur travail… message subliminal qui n’échappe pas à l’oreille attentive de « l’opinion publique » surtout celle qui vote, et qui ne s’en laisse pas compter sur les faux intérêts communs de tous les salariés…

LES RETRAITéS DES REVOLUTIONNAIRES ?

Ce faux mouvement de protestation « d’ensemble », ce mouvement sans nom de promeneurs philanthropes, apporte au moins une réponse à ce que sont devenus les « jeunes retraités » gauchistes et syndicalistes. D’abord ils sont nombreux et en bonne santé, mais tout aussi suivistes et réactionnaires que leurs homologues sur chaises roulantes des maisons gériatriques où on place leur main qui secoue les fraises au-dessus de l’urne avec un bulletin droite caviar. Au timing électoral aliéné, la droite bourgeoise peut compter sur les retraités gagas, quand la gauche bourgeoise peut compter combler les trous derrière les banderoles syndicales dans la rue sur ses jeunes retraités des régimes spéciaux. Je n'ai jamais vu dans l'histoire des retraités se muer en révolutionnaires impavides! Braves retraités militants de cette bonne conscience, celle du type friqué qui donne un peu de sa monnaie à l’église ou achète un CD pour les restos du coeur.
Un blogueur ami, Novos soulignant que je négligeais un tantinet le niveau faible actuellement de la conscience de classe, je le saluai puis fit le commentaire suivant. Dans ce pauvre forum on n'assiste généralement qu'à de pauvres confrontations entre dits "umpistes" (des fois artisans neuneus ou flics envoyés spéciaux) et dits "gôche caviar"(nombre de braves syndicalistes de bases et autres déclassés en cours de rattrapage pour monter un peu dans cette société...). Tu n'as pas tout à fait raison de souligner le faible niveau de conscience de notre classe. Je pousse le bouchon plus loin en affirmant qu'elle ne s'est pas laissé entraîner dans ces défilés - pas moutonniers (ceux qui ont défilé n'étaient pas trahi contrairement à ce que disent certains gauchistes) mais en phase avec la bonne conscience affichée des bonzes syndicaux. Résumé: on manifeste pour tous, « tous ensemble » comme à la messe ‘dieu pour tous » (c'est à dire pour le maintien des inégalités existantes entre les "régimes spéciaux" et le reste des niqués par Sarko & co).
La majorité des centaines de milliers de manifestants étaient déjà des retraités + les habituels employés des cartels syndicaux et des municipalités gauche dépitée. Ceux qui défilaient, et j'y ai été voir, n'avaient donc pas envie de prendre le moindre risque ni de contester des chefs syndicaux qui représentaient EFFECTIVEMENT leurs intérêts corporatistes! Depuis janvier les dés étaient pipés. Manifester pour la retraite en général c'est comme pisser dans la mer. Les 5 manifs contre les ordonnances de la sécu en 68 étaient du même genre. Puis paf, sans lien avec ces défilés pépères, surgit un beau mois de mai! Je n'attends pas un nouveau mois magique, mais je dis que le fait que l'immense masse des prolétaires n'ait pas cru un instant à une "victoire" derrière les syndicats, mais ait fait savoir - via d'une certaine façon cette pute d'opinion publique - que cette attaque de l'Etat était dégoûtante, ne signifie pas résignation mais report de la confrontation. Enfin je n'ai pas bien compris la fin de ton argumentation sur les financements obscurs. En tant que parti électoraliste ayant fait leurs preuves depuis quelques années, LO et le NPA reçoivent des prébendes de l'Etat (cela peut suffire à les décrédibiliser comme prétendus organismes révolutionnaires) mais il n'y a pas besoin de payer les milliers de naïfs qui suivent ces micro-partis ou les manifestants en général, ceux-ci sont sous la coupe de la domination idéologique du "camp des salariés de la gauche", tous les termes de cette trilogie sont typiquement bourgeois et anti-marxiste: "camp" on est pas une armée, "salariés" et les chômeurs ils sont quoi?, "gauche" une corporation de l'élite bourgeoise au pouvoir au parlement et dans les municipalités. Cela fait beaucoup pour maintenir les masses sous la domination terroriste, mais nous devons parler et pousser aux discussions sur le "terrain de classe" afin que l'explosion ne parte pas dans tous les sens avec une violence débridée mais compréhensible. Fraternellement.

RAISONNEMENT DE BOEUF DE BASE

Ce qui est formidable avec les contradicteurs syndicaux qui défendent le foutage de gueule généralisée du syndicalisme dominant est qu’ils donnent immédiatement tous les arguments pour se faire fouetter. Vous avez tellement trahi les objectifs du prolétariat que vous, les divers militants syndicaux, êtes devenus des professionnels de la trahison, c'est à dire des traîtres professionnels. La première caractéristique d'un traître stalinien tu en es la parfaite illustration: le dénigrement systématique de ceux qui ne sont pas d'accord avec toi, l'attaque ad hominem. Aucune analyse objective, le but recherché du petit flic syndical de base est de faire taire le contradicteur, de le ridiculiser pour qu'il comprenne enfin que son chef de rayon syndical, et au-delà, détient la science. Un bon flic de base syndical fait régner la terreur subtile du pervers narcissique en faisant taire toute objection: lui prend des risques à parler au patron, lui sait argumenter en public, lui peut décider pour les autres, etc. Dès l'école règne la fabrique du petit caïd: en classe si vous participez trop au lycée, un clan ou une bande vous cible comme "collabo" des profs ou lèche-cul quand ce n'est pas la "grève de la parole" qui fait loi sous le meneur ou la meneuse de la classe. Jadis les curés formez les flics, aujourd'hui les profs forment les syndicalistes de base.
Depuis les bandes de la cour de l'école on nous apprend que les organisations pré-existantes on doit s'agenouiller devant, qu'elles sont indispensables: toutes les organisations de l'Etat. Sinon stigmatisation de l'individu ou destruction complète si possible de son « individualisme » indécrottablement collabo ou bourgeois. Aux défenseurs acharnés du syndicalisme qui m’accusaient d’insulter, je répondis brièvement. Le syndicalisme est mort depuis belle lurette et n'est plus créé par la classe ouvrière. Mes contradicteurs syndicalisés ne connaissent rien à l'histoire du mouvement ouvrier (Rosa, Pannekoek, Bordiga, Korsch, etc.), confondent trotskiens et maoïstes. Je sais que je dérange les fanatiques et les sergents recruteurs des syndicats, mais ce n'est pas par plaisir. Vieux bonimenteurs vous esquivez la seule remarque intéressante de Canto "les manifs qui ont servi à rien" - et sa proposition farfelue j'ai été le premier à m'en moquer sur Le Post - et surtout vos chefs jumeaux Chérèque-Thibault ont mené les troupes minoritaires (retraités des syndicats + affidés des municipalités, + quelques naïfs) dans le mur, en chantant que la lutte allait se diversifier... dans le ridicule des piques-niques et autres sornettes de baroud pour les pauvres types sans mémoire. Le petit intermède "cantonien" n'a pas fait oublier au prolétariat que vous vous êtes foutu de sa gueule, sans vous Sarko était KO en deux jours, mais sur la base d'une vraie paralysie générale (j'ai dix citations de vos chefs qui affirmèrent n'avoir jamais voulu entraver la réforme... pour le bien du pays...). Ne faites pas les innocents, la vraie lutte ce n'est pas obéir à une obscure intersyndicale auto-proclamée, des AG sabotées, des manifs sans but... Rira bien qui rira le dernier. Vous ne vous foutrez pas longtemps du prolétariat sans que cela ne vous retombe sur le nez... avec le krach qui s'annonce, et on vous dépouillera de vos "livrées" et "haillons syndicaux" de gauche caviar et de recruteurs serviles. A l’époque féodale, les soldats portent la livrée uniforme de leur régiment. La livrée consiste au minimum en des bandes d'étoffes de couleurs placées sur le pourtour des pièces du costume, des poches ou des boutonnières. Les couleurs des livrées sont celles du blason de la famille, du clan, de la mafia ou de l’entreprise. Il était interdit de prendre une combinaison de couleur syndicale déjà utilisée: les livrées faisaient l'objet de la même protection comme propriété que les badges, les insignes ou les marques. Le terme livrée ne s'utilise plus que pour les sociétés syndicales d'Ancien Régime. Voilà pourquoi mon prochain livre se nomme « L’aristocratie syndicale » (ed du pavé) où je sépare le bon grand de l'ivraie. Dors bien petit soldat du corporatisme étroit. La perversion des masses (relatives) des petits syndicalistes de base (venus des diplômés faillis des couches petites bourgeoises) est telle qu’elles se retournent en général contre « les chefs » pour faire oublier leur participation et complicité tout le long de la mascarade. Même si la prochaine fois « ils » repartent avec les mêmes chefs (travail de Sisyphe crétin, dixit Rosa et mon book).

LE NPA A ETE AU COEUR DU COLLABORATIONNISME POLITIQUE ET SYNDICAL

Le NPA comme tous les petits partis gauchistes est une école de la trahison professionnels pour petits bourgeois déclassés. Dans la mise en pratique, sur le terrain, à chaque cortège le petit Besancenot et ses potes se dévoilèrent comme d'ardents soutiens des promeneurs syndicaux, avec leurs mégaphones "tonitruands" et les SUD qui hurlaient à la "grèèève générâââle reconductible", cette truie anarchiste dégonflée, cette vacuité apolitique. C'est la même tactique de "soutien critique" du trotskysme hérité de la LCR qui permet de conduire à chaque fois à l'abatoir les prolétaires qui acceptent de suivre les "traîtres syndicaux" qui, à force de trahir, sont devenus des traîtres professionnels dont les militants NPA veulent simplement prendre la place.
Aucun bilan n'a pu être tiré par les grands barnums syndicaux, les deux frères jumeaux du mystère Titi et Chéri (en photo sur ce blog, laquelle tendre image n'est que la sublimation des premières accordailles CFDT-CGT en 1966 qui émeut encore tant les plus vieux retraités syndiqués car elle évoque le grand boire syndical) qui se sont éclipsés sans bruit (pas de bilan ! Bilan qui est-ce ?); on avait pu lire pourtant ce curieux éditorial d'un journal national: "l'opinion publique était interloquée de voir les syndicats renoncer à pousser leur avantage" (extrait du Prolétaire n°497). De toute façon c'était parti sur de mauvais rails depuis janvier. Un seul a dit la vérité vers la fin, l'aristo chef le plus proche du gouvernement (Chérèque chez Ruquier, mon article le plus lu pendant deux mois et sur Le Post): "Vous savez il y a une cinquantaine de régimes de retraite en France, alors..." . C'est pourquoi ni le privé ni les chômeurs dans leur immense majorité n'ont suivi les menteurs syndicaux et leurs amis du NPA. Le jeu était faussé d'avance, et les moins de deux millions de manifestants étaient peuplé surtout de retraités et d'employés des syndicats qui voulaient se donner bonne conscience et surtout pas "aller au casse-pipe"!
Le NPA soutient tout ce qui bouge comme son ancêtre tiersmondiste (la LCR), et soutient tout défilé syndical... parce que vous êtes un réceptacle à ratés sociaux et déclassés de cette petite bourgeoisie qui "tombe dans le prolétariat"... pour tenter d'en prendre la tête! Le mouvement fabriqué dès janvier par l'intersyndicale obscure et autoproclamée des aristos syndicaux a été sévèrement encadré et délimité dans chaque corporatisme, et les défileurs (tranquilles retraités ou membres des mafias syndicales) n'ont pas fait un gros sacrifice ; ils se sont promenés sans prendre de risque en attendant le soir à la télé l'annonce de la prochaine promenade, et à la fin plus ridicule et symbolique de ce suivisme d'une petite partie des « salariés » (on est 28 millions sans compter les chômeurs) le lamentable tourisme syndical inoffensif: pique - nique (syndical) (à quand le "camping syndical"), et la danse du ventre d'une poignée de retraités CGT devant le Fouquet's. Ah vous vous êtes bien foutus de la gueule des prolétaires, syndicalistes de mes couilles, rira bien qui rira le dernier. Une bonne nouvelle, TOUS les syndicats ont perdu au moins 4 points aux récentes élections corporatives!

UN TYPE TENTAIT DE NOUS FAIRE GOBER L’ IMPUISSANCE DU SYNDICALISME

Bien au contraire, c’est de puissance de feu qu’il faut parler, pour saboter en grand. Le résultat est là, tout est parti en quenouille sans que personne ne conclue alors que les journalistes avaient joué les angoissés du genre: qui va gagner? La défaite ne sera-t-elle pas trop humiliante pour les syndicats? La presse bourgeoise a eu pour consigne d'écraser sur le sujet: imaginez le Figaro bête il y a quelques années, leur titre aurait été: "les syndicats ont mordu la poussière"... non tout doux, surtout taisez-vous leur a dit N.S. Quelle réussite du parti syndical au service de la paix sociale retrouvée en attendant le père Noël, entraîner des milliers de retraités des syndicats et des milliers de leurs employés de la fonction publique complice de ces manifs "bonne conscience" (d'où le privé et les chômeurs étaient absents) pour aller dans le mur, ce n'est pas maladresse mais sabotage de toute lutte sérieuse qui eût exigé, en effet, de prendre d'autres risques... par exemple aller à la confrontation face à l'Etat bourgeois avec un programme alternatif. Mais c'était rigoureusement impossible puisque l'Etat était parmi nous, et conduisait les défilés avec ses missi dominici syndicaux (tous ces petits bourgeois tombés dans le prolétariat pour faire carrière dans le syndicalisme "meneur d'hommes pour suppléer à l'inanité de leurs diplômes. Le NPA est truffé de déclassés de ce genre, comme tous les particules gauchistes.

...ET UN AUTRE LA MARTYROLOGIE DE LA CGT…

Tu me fais penser à Marchais qui invoquait son passé de prolétaire (collabo) pour justifier de son statut de menteur en chef. La CGT poursuivie par le gouvernement, tu fais rire tout le forum avec cette insulte à la vérité. Explique nous pourquoi (je te l'ai posée dix fois la question et tu as été incapable de répondre) ton chef Thibault a été félicité deux fois: en décembre 2009 et en octobre 2010 par son maître N.S.? Pour qu'on pense que Sarko se foutait de la CGT? Gros naze la CGT reste le principal allié du gouvernement, et principalement financée de façon occulte. Et non seulement je suis historien mais je suis un chercheur attentif à tout ce qui se publie: par exemple les licenciements en or des divers délégués d'ailleurs (pas que CGT) on aimerait bien que tu nous touches un mot là-dessus... La victimologie syndicale c'est pour les cons. Va donc faire un tour sur les sites des "radicaux" de la CGT: Jean emarre, Roger Sylvain de la CGT Renault, celui des Conti, et tu verras ce qu'ils disent de "l'appareil" CGT, même s'ils se font des illusions sur un possible redressement, ils portent des critiques plus dures que moi. Bonne lecture et ouvre les yeux.

UN AUTRE ME REPROCHAIT DE SALUER LES ETUDIANTS ANGLAIS

La classe ouvrière c'est la classe ouvrière. Les étudiants c'est les étudiants. Mais on ne peut en rester à ce simple constat. Je suis OK avec plusieurs participants de ce forum que les couches moyennes sont écrasées de plus en plus par la crise, et en particulier cette partie supérieure des enfants de la petite bourgeoisie qui voient leurs diplômes dévalorisés (que je ne plains pas). La petite bourgeoisie ne consent jamais à "tomber dans le prolétariat" sans tenter de conserver sa place privilégiée, et a ainsi d'abord recours aux cris d'orfraie et à la violence. Ceci dit faut pas qu'ils rêvent la crise systémique ne leur fera pas de cadeau. L'heure n'est plus au "refuge" dans le fascisme aussi ils n'ont qu'un choix: rejoindre la lutte du prolétariat, le suivre dans ses objectifs politiques et ne pas chercher à en prendre la tête (mais je suis sans doute utopiste là-dessus, la petite bourgeoisie a toujours été à la tête de toutes les révolutions). Cela suppose de s'intégrer dans de vraies grèves hors du sabotage syndical permanent... La « victoire » concernant le CPE n’a pas été une victoire mais une concession à la petite bourgeoisie estudiantine qui s’est traduit par rien pour les fils d’ouvriers au chômage ! Cela dit je pense que les prolétaires anglais ont vu avec plaisir un pot de peinture atterrir sur la rolls du symbole "royal" de leur oppression. Un intermède comique, pas plus.

LE SYNDICALISME POUPEE GIGOGNE

La classe ouvrière ne produit plus les syndicats puisqu'ils sont d'abord inféodés à l'Etat bourgeois, rémunérés par celui-ci et qu'ils le sont pour leur fonction de l'organisation des défaites systématiques des "conflits naturels du travail". La reproduction des appareils provient des rangs de la petite bourgeoisie en chute libre avce la crise, dont les enfants (étudiants ou immigrés arrivistes) ne se résolvent pas à ce qu'ils considèrent comme une "chute dans le prolétariat", c'est pourquoi ils se précipitent pour occuper la place de "directeurs de conscience" des ouvriers et des employés; il y a foule au portillon des nouvelles poupées russes, j'allais dire trotskistes! Pourtant la structure des appareils syndicats est extrêmement hiérarchisée comme leur modèle l'Etat bourgeois. Ironie de leur compromission historique, ces appareils fonctionnent avec des "patrons" et des "directeurs" persécuteurs comme leurs homologues de n'importe quelle entreprise dite libérale concurrentielle. A la suite de la nouvelle des salariés maltraités par leur employeur le syndicat CGT, éclatements de rire sur le forum et tirs de barrage. Je me fais plein d’amis. OK, dis-je à celui-là, « Sud » une fois dans la place fait le même boulot pourri, et la CNT ne vaut pas mieux, c'est un cloaque de magouilleurs. Je suis OK qu'il faut une organisation pour les prolétaires (dans un syndicat de gouvernement comme dans n'importe quelle boite de taille qui le permet) mais pas besoin d'un syndicat permanent. Ceux du centre de Montreuil pouvaient très bien constituer un organisme de défense face à leurs oppresseurs, pas besoin d'autres complices de... la direction CGT. Pour nous les maximalistes marxistes, à la suite de Rosa et Pannekoek nous continuons à affirmer: L'ORGANISATION EST LE PRODUIT DE LA LUTTE, L'INVERSE N'EST PAS POSSIBLE. Le syndicalisme c'est comme les poupées russes, pardon staliniennes, il tend à s'autoreproduire: pousse-toi de là que je m'y mette. Tous les ratés et fainéants des grands services publics espèrent y faire carrière, mais les temps sont durs même dans la niche des principaux syndicats gouvernementaux: y a toujours un chefaillon au-dessus comme dans la boite capitaliste. La mère CGT gigogne est entourée en permanence de plein de petits marmots gauchistes et anarchistes qui veulent bien téter le sein mais pour monter sur les épaules de la matrone.

NUL DEBAT DE FOND DE SOCIETE

Le plus consternant des dix mois de « bonne conscience syndicale » où finalement des millions de prolétaires ont été mis en danger, est surtout l’absence de tout débat face à la crise systémique. Rien de rien. Aucun projet d’avenir. Aucune tentative pour poser les problèmes politiques généraux, tout est resté ficelé entre les dénigrements pathologiques concernant la personnalité du président de la république et dans l’attente du chiffre réel ou faussé des manifestants. Lamentable. Mais parce que dans le fond toutes les fractions politiques et syndicales restaient accrochées aux promesses de réformes « nationale ». A chaque fois que j’ai posé la question d’une lutte internationale des prolétaires on s’est moqué de moi ou j’ai été qualifié d’utopiste. Je suis le seul à avoir déploré sur ce blog que, indépendamment de la bonne conscience syndicale français – au fond aucun de nos gentils manifestants ne s’estime « défait » comme m’en ont témoigné tous mes contradicteurs non simplement embrigadés, mais ils se fichent et ne se rendent pas compte de la résonance internationale déprimante que cet échec représente pour les prolétariats des autres pays ! L'idéologie que vous allez nous refourguer vous Libération et les ânes de la gauche caviar, les Montebourg, Mélenchon, Arthaud, et les lèche-bottes trotskiens à la Besancenot, est de faire croire à des "solutions nationales" à la crise mondiale, en sus avec l'effondrement de l'euro... L'Europe n'aura été qu'une baudruche pour détourner le prolétariat le plus ancien du projet international de mise à bas des frontières. La focalisation sur les banques permet à M.Sarkozy et à ses amis francs-macs des syndicats et de la police de respirer, on éloigne le bon prolétariat de la stigmatisation des donneurs d'ordre politique. C'est la présidence de la république, gouffre financier de l'Etat, qui est à dissoudre en premier lieu comme le quémande ma pétition sur Le Post. Les banques elles tomberont toutes seules. Et leurs employés pourront se recycler dans l'élevage des chèvres ce qui est bien plus utile à l'humanité.

DES REVOLUTIONNAURES EN RETRAITE POLITIQUE : LA NOYADE POLITIQUE DU CCI

On peut désirer discuter, répondre amplement, sereinement sur comment lutter, comment s’organiser, etc. Le problème est que toute cette mascarade syndicale s’est déroulée sous le mutisme le plus complet, couverte par les cris idiots des mégaphones et les appels anarcho-réformistes à l’invisible et impossible grève générale. Avatar secondaire de la mascarade, le délitement politique d’une petite organisation maximaliste à vocation mondiale, le CCI qui publie Révolution Internationale (RI), est une nuisance supplémentaire très regrettable pour la vocation du prolétariat à faire ressurgir un parti politique pour l’insurrection. Ce mot même a toujours fait peur aux petits bourgeois conseillistes du CCI. RI se fend donc d’un supplément en date du 22 octobre, alors que tout observateur pouvait déjà conclure que les carottes étaient cuites, intitulé : « Comment lutter ». Vous imaginez ce qu’en avait à foutre des « leçons » du club CCI les défilants syndicaux et retraités spéciaux, persuadés de « lutter à leur niveau » en phase avec leurs « dirigeants » applaudis tout le long des parcours (une régression par rapport à 2003 et 2007) où ils avaient dû s’enfuir en courant ; mais les affidés syndicaux ont la mémoire courte ou plutôt sélective !Ce que ne dit pas le supplément est encore plus consternant, le CCI s'est aligné sur le contenu des tracts du groupe anarcho-syndicaliste le plus fumiste, la CNT (au nom du tournant démocratique vers les "anarchistes vierges"); formellement on s'en fout; politiquement c'est néant.
Le supplément accessible sur le web commence par cirer les pompes du « mouvement » syndical et nous raconte que toutes les catégories ouvrières sont en train de rejoindre « progressivement » le « mouvement » ! Lequel devient « nous », merveilleuse façon de se mettre à la tête des défilés par quatre révolutionnaires marginaux professionnels : « Nous sommes aujourd’hui plus de trois millions à descendre régulièrement dans la rue ». Faut le lire pour le rire. Suit un bla-bla radoteur sur les attaques en général du gouvernement et cet incroyable salut à la retraite « qui permet de tenir » ! Dans cette vision typiquement syndicaliste régressive, le CCI (porteur du projet d’émancipation de l’humanité enfin communiste) – dépêchez-vous dans mille ans la température sera à 300 degrés sur terre et espérons que les derniers humains auront déménagé sans le capitalisme sur mars et Saturne – imagine que les prolétaires tiennent 30, 40, 50 ans au turbin dans l’espoir de cet « eldorado » !
Même Bernstein ne se serait jamais permis de dire une insanité pareille ! La vérité est que les trois quart de nos 4 révolutionnaires professionnels y sont déjà dans l’Eldorado des cadres !
Puis suivent une série de constats aussi misérabilistes, généralistes que faux : « Les pensions sont devenues misérables depuis 20 ans ». Puis notre quarteron de bolcheviques de pacotille salue vaillamment cette « colère immense qui touche toute la population ». Seule ombre à cet idyllique tableau de l’hymen de la belle Chérèque et du beau Thibault, il y manque : « la prise en main des luttes par les travailleurs eux-mêmes » ! Sans blague ? Puis le quarteron du CCI bouscule impunément les jeunes mariés et tel le curé qui fait redouter le pire s’il y a infidélité, tonne : « Si nous ne faisons que suivre comme des moutons les consignes de l’intersyndicale, nous allons droit à la défaite ». Les bans sont malmenés paraît-il, dans la salle de danse du fond de la mairie une dizaine d’agités « interprofessionnels » seraient en train de perturber la bienséance du mariage !?
Au lieu d’analyser l’entourloupette depuis janvier, nos quatre larrons du CCI sont montés dans le wagon syndical et ont espéré remonter jusqu’à la locomotive pour virer Jean Gabin de la CGT et Fernandel de la CFDT. Ils se sont fait un film quoi. Comme le « mouvement » ne reposait sur aucune initiative de classe (ni n’était tenu par une grève épine dorsale par exemple) mais était fabriqué entièrement à partir des coulisses du gouvernement avec l’obscure intersyndicale qui ne devait des comptes qu’à Sarkozy ou intermédiaire patenté, il n’y avait RIEN à en tirer ni à en espérer. A l’écoute toute de même des quelques protestations qui s’élevaient contre la mascarade jusque dans les rangs des syndicats et les forums d’internet, au trois quart du truc, les veilleurs de nuit du syndicat et de la police ont bien entendu qu’il fallait donner un os à ronger aux cris des « paralyseurs » et autres « grèvegénéralistes ». Partout n’entendit-on pas clamer : « bon y a qu’à tout bloquer, les camions s’arrêtent de rouler, plus d’essence, etc. ». Les appareils opaques de l’Etat syndicaliste ont donc inventé le blocage des raffineries. Et avec quel culot, après avoir salement brisé la grève des ouvriers de ce secteur en février, la CGT les poussa à aller se sacrifier six mois plus tard, à la fois pour atténuer leur rancœur en leur montrant à nouveau la lune, et pour satisfaire les croyants dans « l’opinion publique » à un « bon blocage ». Le CCI tombe dans le panneau complètement : « …de nombreux travailleurs de tous les horizons ont eu pour réflexe de se rendre sur les lieux de blocage et d’occuper pour exprimer physiquement leur solidarité ». Du pipeau complet. J’ai pu vérifier et recouper des infos grâce à mes correspondants. Ni les manifestants les jours de manifs, ni de « nombreux travailleurs » ne se sont rendus aux piquets des raffineries ni aux carrefours bloqués la nuit avec des tas de pneus qui brûlaient sans personne autour (bravo encore à nos donneurs de leçons écologiques des syndicats), et pas très courageux !Les petits blocages en général, comme je le démontre dans "L'aristocratie..." ont favorisé la théorie du complot organisé par l'avant-garde à la base complémentaire des sommets syndicats rois des comploteurs coupés des masses mais pas de leurs sous-fifres de base anarchistes laissés tranquilles pour s'amuser "à emmerder les patrons des zones industrielles" dans leur petit pré carré local et corporatiste. Idem pour les quêtes lancées par des poignées d’anars excités, j’en ai contré quelques uns sur les forums en dénonçant un rackett syndical (chaque syndicat fait ce qu’il veut du pognon, et se fait de la pub). Plus discret dans les médias, le fait que les gars des raffineries ont ou été intégralement payés ou ont eu des récupérations RTT… Ce "blocage" relatif et limité réduisait un peu plus l'ensemble de sprolétaires au rôle de spectateurs semi-coupables, et la CGT n'eût qu'à siffler la fin de la mascarade en remettant tous "raffineurs" au boulot sans que ceux-ci puissent se retourner contre elle cette fois-ci puisqu'ils avaient été lâché... par l'ensemble des autres "salariés" et laissés à l'isolement et à la répression...
Le plus grave dans la décadence accélérée du CCI est à venir au paragraphe suivant, je rappelle qu’on est fin octobre et que les carottes ont carrément noirci dans la poële : « …de plus en plus de prolétaires (et même de petits commerçants, professions libérales et paysans) qui rejoignent le mouvement ». Si personne n’y avait pensé, et bien le CCI l’a inventé l’interclassisme. Un groupe maximaliste qui a défendu pendant presque un demi-siècle la théorie du prolétariat seule classe révolutionnaire nous balance que cette somme de corporatismes syndicaux brinquebalée de JA en JA aurait représenté « les prolétaires » dans une longue promenade rejointe par les catégories bourgeoises classiques. Vous imaginez vous : avocats, dentistes, pharmaciens et paysans, et commerçants défilant avec les prolétaires ? Moi j’en ai pas vu. A partir d’un tel mouvement « populaire ». Le CCI a succombé au charme vénéneux de l’opinion publique, ravissante pendant ces dix mois il faut le reconnaître. Trop ravissante pour être pure de toute vénalité. C’est à cette belle péripatéticienne qu’il s’adresse pourtant finalement, après un bref bla-bla sur le dépassement de l’économique par le politique, l’engageant à « recherche l’extension de la lutte… notre union massive et notre solidarité ». Avec de tels mamours où « c’est dans la rue qu’on peut se rassembler massivement », cela ressemble malheureusement à ce cauchemar annuel : les défilés du 14 juillet interclassistes ! Ce n’est pas drôle du tout, c’est une hérésie par rapport à la théorie marxiste dont il s’est longtemps prétendu le meilleur représentant, pire c’est une trahison des principes de classe.