"La suppression de la propriété privée... suppose, enfin, un processus universel d’appropriation qui repose nécessairement sur l’union universelle du prolétariat : elle suppose « une union obligatoirement universelle à son tour, de par le caractère du prolétariat lui-même » et une « révolution qui (...) développera le caractère universel du prolétariat ».

Marx (L'idéologie allemande)

vendredi 20 avril 2018

SNCF BASHING, épisode 6: LA GRANDE ABSENTE LA CLASSE OUVRIERE


et les nullités syndicalo-gauchistes
« Je vois bien que, quand les peuples sont mal conduits, ils conçoivent volontiers le désir de se gouverner eux-mêmes ; mais cette sorte d'amour de l'indépendance, qui ne prend naissance que dans certains maux particuliers et passagers que le despotisme amène, n'est jamais durable : elle passe avec l'accident qui l'avait fait naître ; on semblait aimer la liberté, il se trouve qu'on ne faisait que haïr le maître ».
Tocqueville (L'ancien régime et la révolution, Chap 3, « Comment les français ont voulu des réformes avant de vouloir des libertés »).


La détestation de Macron peut-elle mener à la révolution ? Tocqueville écrit aussi dans un chapitre bourré de rébus et pas toujours clairvoyant: «  l'expérience apprend que le moment le plus dangereux pour un mauvais gouvernement est d'ordinaire celui où il commence à se réformer ».Le gouvernement Macron ne se réforme pas – il ne peut pas réformer l'Etat bourgeois en l'espèce – mais il prétend réformer, c'est à dire accélérer le processus d'ubérisation d'un capitalisme mondial hyper endetté. Il prétend mettre fin aux lenteurs et au laxisme des gouvernements précédents. Avec une arrogance certaine,le président Macron prétend foncer, sans se calfeutrer, vers une consécration européenne. Tous les gouvernements précédents avaient fait l'objet d'un état de grâce. Celui-ci fait l'objet d'une particulière disgrâce comme on peut le constater par toutes les agitations qu'il suscite.

MACRON BONAPARTISTE

Difficultés cycliques et récurrentes de la bourgeoisie française ou coup de pied dans la fourmilière ? Prenons les choses à l'envers du décor en gardant en tête que pour bien gouverner tout Etat doit disposer d'une opposition conséquente, faire-valoir ou alternative.
Mettons que Macron se casse les dents. Le pays est gagné par la paralysie, une chienlit pire que celle qui déstabilisa De Gaulle. Quelle alternative ? Macron obligé de dissoudre l'assemblée à sa botte pour de nouvelles élections, chose jamais vue en début de mandat... Quels partis pour séduire un électorat hétéroclite et un prolétariat absent ? Ou plutôt quels programmes de la part de la myriade de micros partis soit pour endiguer le libéralisme « en folie » soit pour préserver un changement dans la continuité ? Voire quel inimaginable nouveau mai 68 porteur de changements sociétaux mais surtout pas de bouleversement révolutionnaire de la société capitaliste ?
Résultat, la détestation de Macron, du fait de sa surexposition, ne mène à rien. On peut même faire la déduction de nombre de journalistes « analystes » ou « chef du service politique », et proches du pouvoir : les divers mécontentements empilés rendent service à Macron ; ils oublient d'ajouter que c'est aussi pourquoi il mise sur la lenteur à solutionner des contestations qui servent à revaloriser la fonction autoritaire de l'Etat. Mais pas seulement. Le problème est qu'il n'y a plus d'opposition crédible, ni aucun « cabinet fantôme » en France avec l'écroulement de la fausse opposition droite/gauche. Il y faudra des années... De la gauche unie on est passé à la gauche plus rien, et surtout à la gauche n'importe quoi. De la droite « qui rassemble » on est tombé dans une droite qui tremble dans ses casemates dispersées.
En France, en réaction à la déshérence des partis, le bonapartisme a toujours été une solution transitoire et nécessaire, avec les quelques grandes lignes suivantes :
. la conception hiérarchique de la société impliquant la constitution d'une élite fondée sur le mérite ;
  • la prééminence de l'exécutif gouvernemental sur les assemblées parlementaires ;
  • le bien-fondé d'une administration centralisée ;
  • la volonté de réconciliation nationale par-delà les partis diviseurs ;
  • la grandeur de la Patrie ;
  • redonner de l'importance au clergé ;
  • construction de logements sociaux, grands boulevards, livrets d'Epargne pour les ouvriers, accent mis sur l'éducation populaire, etc
  • politique sociale audacieuse mais visant à favoriser émulation et arrivisme
Le bonapartisme introduit aussi des réformes sociales novatrices, au nom du « bien de tous » mais en réalité pour dissoudre le prolétariat comme le lui reproche, sous Badinguet, l'AIT. Le bonapartisme réapparaît toujours dans les périodes d'instabilité politique, mais n'explique pas tout ni ne résout toutes les contradictions contrairement à l'analyse qu'en fait Trotsky1 ; il ne signifie pas à tous les coups que c'est le prolétariat qui est menaçant.

UNE CLASSE OUVRIERE ABSENTE DANS TOUTES CES AGITATIONS PROFESSIONNELLES ET CATEGORIELLES

Désolé pour les adeptes d'un prolétariat invariable ou toujours sur les charbons ardents, mais il faut bien le noter, pas seulement face aux faibles mobilisations dans la rue, mais la classe ouvrière ne suit pas les bobos en ébullition. Le Nouvel Obs voudrait bien dissoudre cette notion de bobos, mais la réalité est là : au mètre carré de manifestants ce sont surtout les bobos syndicaux qui agitent les fanions de leur chapelle syndicale ; d'ordinaire plus il y a de drapeaux syndicaux concentrés moins il y a de prolétaires réellement en lutte. La minorité « bloqueuse » de bobos étudiants du NPA n'abuse pas la majorité des braves étudiants inquiets pour leurs examens qui risquent pourtant de ne plus leur assurer un statut de cadres ni même de cadres du prolétariat. Les glands de la croizade marginale en Bretagne servent de repoussoirs à toute lutte sérieuse de classe.
L'absence d'un engouement ou d'une pression tangible de la masse de la classe ouvrière n'est pas simplement liée à sa méfiance vis à vis des agitations dispersées et creuses, mais plus fondamentalement un questionnement sur les revendications des uns et des autres. A Air France ils ne se battent pas contre un salaire de misère. A la SNCF, où beaucoup n'y croient plus et sont conscients qu'on les a parqués dans une grève archi bidonnante, la notion de « bastion ouvrier », vieille resucée stalinienne, appliquée naguère aux grosses usines automobiles, a du plomb dans l'aile. Le mensonge des oppositionnels (site en construction) de la gauche dite radicale et de ses suivistes trotskiens repose toujours dur l'OUBLI, l'oubli des trahisons successives et récurrentes des syndicats2, l'oubli que les nationalisations c'est fini et que cela n'a jamais été un acquis ouvrier n'en déplaise aux falsificateurs trotskistes de toute secte3.
A la défense des nationalisations on a substitué la « défense du service public ». Douce plaisanterie ! Comme si on pouvait placer sur le même plan une gestion très capitaliste et très hiérarchisée des entreprises publiques et les coopératives ouvrières de naguère !
OUBLI aussi de la farce de 1995 du « tous ensemble » creux et mensonger ! Les gauchistes et leurs complices syndicalistes nous resservent cette année comme un mythe victorieux, alors que l'éviction de Juppé n'a rien changé au long terme et que, il faut le dire, la concession temporaire aux cheminots, a permis par la suite de Fillon à Macron, de faire passer toutes les réformes de retraite (qui ne sont jamais terminées...). Le bastion ouvrier, avec ses avantages (et inconvénients) peut bien devenir un bastion de la réaction, mais il ne concerne pas les intérêts de toute la classe ouvrière4 ni ne représente une option de gestion alternative au capitalisme.
Par contre, la bourgeoisie et Macron se sont moqués de la prétention à la « généralisation » affichée avec d'autres mots par les grands comédiens à la tête des centrales syndicales. Pas de « coagulation » en cours a pu remarquer, narquois, Macron. Evident mon cher Watson avec cette compil hétéroclite des mécontents, des abusés et des cocus ! « Convergence » a dit le moustachu de la CGT avec lunettes de soleil pour manifs maigriches le 19 avril, mais parce qu'il fallait bien qu'un syndicat joue au rassembleur de tous les mécontents quand les autres se pinçaient le nez (oubli quand tu nous tiens ! Ils ont fait exactement la même chose en 95 et à chaque épisode des défilés corbillards pour les retraites!). Convergence est d'ailleurs aussi creux que généralisation, et grève générale des brêles gauchistes. Généralisation de quoi ? Encadrés dans une grève cloisonnée non créée par les ouvriers eux-mêmes ni contrôlée par eux... généralisation de l'enfermement corporatif oui ! Et qu'est-ce qu'une généralisation qui ne mélange pas, qui ne permet pas de véritables AG inter-entreprises ?
Plus grave toute cette agitation est creuse et ne concerne en rien l'émancipation de la classe ouvrière. Elle n'est comparable en rien au surprenant et inclassable mai 68 où on n'entendit pas ces fadaises - « il faut faire reculer le gouvernement », « défense de notre statut », « augmentez les salaires » - où dominait un sentiment confus, peut-être romantique, mais prégnant qu'on pouvait changer la société pas en passant son temps à canarder les CRS, ni à bêler les slogans syndicaux, ni à planter des salades et fumer un joint à notre dame des glands !
ON OUBLIE finalement que c'est grâce à toutes ces inutiles balades syndicales que la plupart des « réformes » sont passées sous Sarkozy et prédécesseurs. Les bonzes professionnels savent si bien organiser confusion, dispersion et division.

LE SUIVISME DES RADIS GAUCHISTES derrière la « grève loto »
Septième, puis huitième journée de grève des cheminots, quatrième épisode du mouvement syndicrate commencé en avril (6e selon moi), lequel ne perturbe en rien l'Etat, reste cloisonné derrière les grilles SNCF et les cartels syndicaux. Les usagers peuvent crever et s'ils protestent c'est parce qu'ils sont complices de Macron. Cheminots syndiqués, fonctionnaires encartés, retraités du syndicalisme ou encore salariés CGT de l'énergie (EDF ubérisé) ont eu beau converger hier dans « une première tentative de construction d'un front commun » (sans blague) contre Emmanuel Macron, ils n'ont abusé personne sur la mascarade en cours et leur 133 mobilisations chétives dans toute la France avec l'invitation des gentils étudiants.
Penchons-nous sur le raisonnement torve du NPA, dans les « numéros » de l'Anti-capitaliste, cette antre à bobos se rend bien compte que la classe ouvrière ne suit pas mais lui propose toujours de se coller aux basques des grands syndicats traîtres et d'adhérer à ses gadgets politiques bourgeois :
« Pourtant le gouvernement, tout comme les patrons et directions d’entreprises, campent fermement sur leurs positions. Au grand dam des directions syndicales, ils n’offrent que des simulacres de « négociation ». Jamais il n’a été aussi clair que pour faire aboutir les revendications des mouvements en cours (rejet des contre-réformes, salaires, retraites, conditions de travail, statut, service public, accès à l’université…), la lutte secteur par secteur, entreprise par entreprise ne peut suffire. Les revendications sont diverses mais l’ennemi est commun. Divisés, éparpillés chacun dans son coin, aucun de nous ne sera en mesure de gagner. Unis dans un grand « Tous ensemble », nous pouvons mettre un coup d’arrêt à l’offensive macronienne et commencer à imposer nos exigences.
On le sait, ce ne sera ni simple ni facile. Plusieurs obstacles, qu’il est nécessaire d’identifier, se dressent sur la voie de la généralisation et de l’unification.
En premier lieu, même si le néolibéralisme que le gouvernement porte en étendard ne parvient pas à imposer son hégémonie idéologique dans la majorité de la population, les défaites et reculs du passé pèsent. Les divisions sont ainsi évidentes au sein de la classe des salariés, entre ceux et celles qui conservent encore certains acquis et les autres, déjà précarisés et corvéables à merci, ceux et celles qui sont attaqués et d’autres qui espèrent passer entre les gouttes. L’affaiblissement des traditions collectives de lutte et d’organisation, au profit de la recherche de solutions individuelles, est une réalité. Cette situation est illustrée par les sondages qui montrent, à la fois, le rejet croissant du macronisme au sein des classes populaires et la difficulté à réunir un soutien majoritaire à la grève des cheminots ».
Poursuivons la lecture du queuisme idéologique des militaires NPA, et sa façon d'exhiber à la classe ouvrière l'exemple suprême de radicalité anti-capitaliste anarchiste surprême de NDL... un secteur (?) en pointe de la lutte :
« Le gouvernement et le patronat, puissamment aidés de leur appareil médiatique, en jouent à fond pour tenter d’isoler et discréditer les secteurs en pointe de la lutte. A cela se combine une politique de répression que l’on a rarement vu se développer à un tel niveau – de l’offensive quasi militaire contre la ZAD de Notre-Dame-des-Landes jusqu’aux expulsions violentes d’universités occupées, en passant par les persécutions de syndicalistes comme celle dont notre camarade Gaël Quirante est victime, sans parler du traitement toujours plus inhumain réservé aux réfugiés.La politique de la majorité des directions syndicales, qui ne se résignent pas à abandonner leurs illusions dans le « dialogue social » et à engager l’indispensable épreuve de force, continue de tirer en arrière. C’est le cas avec la forme de grève « perlée » imposée à la SNCF pour suivre le calendrier des prétendues négociations avec le pouvoir. Et que penser des organisations de la fonction publique qui, après la grève assez réussie du 22 mars, repoussent l’appel à une nouvelle journée au… 22 mai ? ».
Les vieux barbons syndicaux et la machinerie étatique syndicale et leurs « illusions » ! On se pâme devant tant de servilité du soldat trotskiste ! Poursuivons pour mesurer le degré de queuisme même en dénonçant au passage la supercherie mélenchonienne, et l'illusion entretenue d'un réveil de ce pauvre 1er mai voué aux minables processions du personnel syndicrate :
« Les choix des partis politiques qui se situent dans le camp du mouvement ont également des répercussions. Comment à ce sujet ne pas être dubitatif devant l’appel de la France insoumise à une manifestation nationale le 5 mai, lancé sans concertation avec personne et sans lien avec le développement réel de la mobilisation sociale ? Alors qu’à l’évidence le 1er Mai prendra cette année une signification toute particulière ? D’autant que cet appel se double de l’intention de créer « partout en France » des « comités du 5 mai », au moment même où des collectifs unitaires de défense du service public commencent à se former dans une série de villes et quartiers. Ces dernières initiatives, qui reprennent une expérience positive du mouvement de 2003, peuvent en revanche s’avérer très utiles : avec toutes les organisations qui le souhaitent, que l’on appartienne ou non à un parti, un syndicat, une association, se regrouper pour soutenir concrètement les grèves et mobilisations en cours, les populariser, contrer la propagande gouvernementale – et pourquoi pas, décider de manifestations ».
Le préposé NPA, Jean-Philippe Divès n'a aucune honte à promettre la lune sous les oripeaux catégoriels et syndicaux, à imaginer une invisible extension, une généralisation creuse et une auto-organisation... de la syndicratie, avec pour flambeau les blocages d'une minorité d'activistes NPA déguisés en étudiants: « Mais l’essentiel se joue bien sûr dans et à partir des mouvements déjà engagés : l’extension et la généralisation, l’auto-organisation, l’unification – comme on en voit les premières expressions dans les facs occupées et les assemblées générales de cheminots – sont les tâches de l’heure. Macron et ses ministres répètent sur tous les tons qu’ils « ne croient pas à la convergence des luttes ». Tout l’enjeu est maintenant de leur donner tort ».
L'enjeu reste d'épuiser les grévistes obstinés, à tort ou à raison, et à ce titre les entraîneurs trotskiens sont forts. Un deuxième pigiste « accompagne les illusions syndicales » :
« L’affluence tombe généralement de moitié, du premier jour au deuxième, les responsables de la CGT étant les premiers à ne pas encourager aux AG du deuxième jour... à quoi bon, puisque le calendrier est fixé ? ».
Le calendrier trotskiste est lui aussi fixé par la trilogie exemplaire mouvement étudiant/NDDL/cheminots encadrés, mais tout ce potentiel colérique égrené par Stella Monot a fait plouf :
« Le mouvement étudiant continue à monter dans les facs. L’émotion grandit face aux brutalités policières, dont celles commises à NDDL. La manifestation de Marseille du 14 avril est apparue comme un succès. On peut donc s’attendre à ce que rien ne retombe chez les cheminotEs pour la prochaine séquence les 18 et 19 avril. Sans compter que le 19 avril est le prochain grand rendez-vous des colères, en grève et dans la rue ».
Macron provoque « mais il tremble », surtout face au top de la lutte anti-capitaliste :
« La répression et la violence touchent aussi les zadistes de Notre-Dame-des-Landes qui, après avoir gagné l’annulation d’un aéroport inutile et nuisible pour l’environnement, souhaitent rester sur place pour continuer à travailler la terre et à expérimenter un mode de vie alternatif à celui du capitalisme. Inacceptable pour le gouvernement. Mais quoi qu’il en dise, il ne parvient pas à mettre fin à cette occupation déterminée ».
L'expérimentation d'un mode de vie alternatif au capitalisme a pourtant déjà tournée court et descillé quelques-uns de ses plus naïfs admirateurs ploum-ploum5. La ridicule expérimentation anarchiste de marginaux désoeuvrés permet d'éviter de parler de réelle perspective révolutionnaire voire d'un programme de renversement de la bourgeoisie6. Après avoir rameuter depuis le début aux ordres des appareils syndicaux gouvernementaux, les gauchistes se hasardent à se découvrir critiques :
« La stratégie de « la grève loto » est ainsi remise en cause par celles et ceux qui sont déterminés à aller vers un mouvement d’ensemble. Il est désormais important de regrouper localement, régionalement, voire nationalement les grévistes qui défendent cette orientation avec des AG inter-gares, des coordinations de salariéEs des secteurs en grève, bref, de faire des pas concrets vers la convergence des luttes ».
Mieux, ils/elles surenchérissent alors que l'empilement des protestations se tasse et n'est plus qu'une « coïncidence » (Mélenchon) :
« Étendre les grèves et les faire converger ! Cette conscience qu’il faut aller vers le « touTEs ensemble » pour infliger une défaite au gouvernement et faire ravaler un tant soit peu leur morgue aux riches et aux patrons commence à se frayer un chemin dans les têtes. Il faut désormais bousculer le calendrier défini par les directions syndicales. C’est le moment d’y aller ! ».
C'est le moment d'y aller, mais où ? Les éditorialistes de l'Anti-capitaliste se succèdent à la vitesse du débit oratoire creux de Poutou mais alternant tout feu toute flamme et état dépressif :
«... il faut faire quelques constats politiques. Le premier est que, si la colère est très forte, il n’y a pas de secteur suffisamment puissant pour obtenir une victoire seul. Cela tient à la difficulté, dans un contexte de recul du mouvement ouvrier, à construire des mobilisations majoritaires, en raison, notamment, de la politique des directions syndicales, et à de la détermination du gouvernement ».
On a un résumé en creux du suivisme trotskiste et leur impuissance à encadrer « une classe ouvrière éclatée » (j'aime bien le lapsus politicien et militaire « nous avons besoin ») pour leur « camp social » malgré des quêtes racoleuses et leur fabrique de comitards prêts à relayer une « grève loto » de plus en plus nullissime :
«  C’est pour cela qu’en gardant en tête ce sur quoi insiste souvent LO avec raison, qu’il n’y a pas de convergence des luttes sans luttes, le NPA a initié les réunions unitaires des organisations politiques. Nous avons besoin d’un mouvement profond et interprofessionnel d’une classe ouvrière éclatée, fracturée, en recherche de stratégie, de projet de société. C’est pour cela que nous bataillons pour la constitution de collectifs unitaires de soutien à la grève des cheminotEs et aux services publics : il s’agit d’appuyer la mobilisation de notre camp social partout, au-delà des lieux de travail, pour construire des convergences, enrichir les débats ».
Où le NPA rend service au FN et à « l'opinion » en soutenant la pagaille des « zones de non-droit »
La « colère » des militaires du NPA se trouve des compensations face à l'ingratitude des « masses », cette branche krivinesque du trotskisme décati a toujours fait l'apologie de tout ce qui bouge, même les plus réactionnaires manifestations de la décomposition de la petite bourgeoisie, du violeur Ramadan au voyou de NDDL. La théorie du NPA c'est l'apologie de la populace et du grabuge : la révolution commence dans les « zones » qui échappent à l'Etat : glands de NDDL et glands du Mirail même combat !
Je vais citer enfin l'intégralité du communiqué de soutien toulousain aux « jeunes » émeutiers musulmaniaques des banlieues « défavorisées », ainsi vous verrez ce que signifie l'engagement trotskiste caméléon, un satisfecit complet à l'expansion de la religion musulmane, avec notions inventées de racisme d'Etat et un comique soutien aux très bourgeoises et très hypocrites « institutions internationales ». Que ce genre de communiqué fasse comprendre à ceux qui me lisent en étant dubitatifs sur la nature bourgeoise de cette clique, qu'ils font partie des pires ennemis de la classe ouvrière, et que, si un jour ils étaient au pouvoir ils interdiraient les grèves des cheminots tout comme ils enverraient la troupe dans les quartiers ! C'est avec le même raisonnement que leurs pères en trotskisme ont envoyé à l'abattoir des « libérations nationales » des millions d'ex-colonisés, qu'ils n'ont jamais remis en cause la nature capitaliste du stalinisme ; ils sont par conséquent des impotents coulés dans l'idéologie anarchiste sans principe et étrangers à la théorie marxiste toujours vivante.
« Depuis plus de 48h, des jeunes du quartier du Mirail à Toulouse s’affrontent à la Police. Les raisons de la révolte avancées dans la presse seraient liées à l’interpellation d’une femme voilée et à la mort d’un détenu de la prison de Seysses.
Au-delà des faits, la révolte des jeunes du Mirail exprime le ras-le-bol face à la répression quotidienne contre les habitants du quartier : contrôles au faciès, racisme d’Etat, islamophobie institutionnelle, violences en prison sur les détenus.
Les lois islamophobes donnent une légitimité à la Police pour harceler les musulmanes jugées trop voilées dans la rue. Parce qu’elles oppriment et stigmatisent une partie de la population, ces lois doivent être retirées.
Les conditions de détention en prison et les violences qui y sont associées sont intolérables et la France a été plusieurs fois épinglée sur cette question par des institutions internationales. La jeunesse des quartiers, qui vit sous pression policière et judiciaire permanente, le sait bien et ne supporte plus cette situation dans et hors de la prison.
Le NPA 31 exprime sa solidarité envers les jeunes et les habitantEs du Mirail qui subissent ces violences. Nous exigeons que les forces de répression se retirent immédiatement du quartier du Mirail et rentrent à la caserne.
Toulouse, le 18 avril 2018. 

NOTES


1La bourgeoisie a à nouveau eu recours au bonapartisme en 1851, en raison de l'instabilité de la Deuxième république. C'est ce que Marx décrit dans Le 18 brumaire de Louis Bonaparte, à propos du Second Empire de Napoléon III. Marx et Engels ont également qualifié de bonapartisme le régime de Bismarck. Dans La guerre civile en France (1871), Marx généralise le bonapartisme :
En réalité, c'était la seule forme de gouvernement possible, à une époque où la bourgeoisie avait déjà perdu, -  et la classe ouvrière n'avait pas encore acquis,  - la capacité de gouverner la nation.[1]
Le 12 avril 1890, Engels écrivait à Sorge: « Tout gouvernement actuel devient, nolens-volens, bonapartiste ». Trotsky et sa définition passe-partout du bonapartisme :
« Par bonapartisme, nous entendons un régime où la classe économiquement dominante, apte aux méthodes démocratiques de gouvernement, se trouve contrainte, afin de sauvegarder ce qu’elle possède, de tolérer au-dessus d’elle le commandement incontrôlé d’un appareil militaire et policier, d’un "sauveur" couronné. Une semblable situation se crée dans les périodes où les contradictions de classes sont devenues particulièrement aiguës : le bonapartisme a pour but d’empêcher l’explosion. »

2Que vous pouvez vous remémorer dans mon livre : « L'aristocratie syndicale », ed du pavé 2010.
3Lénine n'a jamais défendu les nationalisations. Elles servent à la bourgeoisie pour reconstruire le pays après guerre et en même temps à diviser la classe ouvrière entre privé et public (cf. mon livre sur le syndicalisme pourri p.223 et suivantes). La SNCF ou ce qu'il en reste est/était une boite extrêmement hiérarchisée et d'un culot monstre vis à vis de ses employés. Une boîte juste défendable par les bobos trotskiens ! Tout le monde a oublié que les grèves du mitan des années 1980 ont été non seulement réellement prolétariennes mais motivées par l'ignominie de la hiérarchie « nationalisée » ; par exemple à la suite de la série d'accidents atroces de 1985, la hiérarchie ne trouve pas mieux que de lancer un questionnaire humiliant sur la compétence des agents (cf. p.195 de mon livre, paragraphe : « des accidents sociaux à répétition à la SNCF »).
4Même avec l'argutie du syndicaliste moyen : « après les cheminots ce sera toi ! », or le toi est déjà passé à la casserole !
5Dénomination fort péjorative au cours des années 1960 et 1970 des anarchistes qui défiaient la police en fin de manif ou s'exerçaient à la casse gratuite de vitrines.
6Comme par exemple celui-ci : QUE VEUT LA LIGUE SPARTACUS ?

mardi 17 avril 2018

UN EXERCICE DE COMMUNICATION IMPERIAL



Le suspense fût maintenu jusqu'au dimanche soir. Macron prenait des risques en se confrontant à deux bouledogues des médias. On en tremblait presque pour ce rejeton de la finance internationale, si bien formé aux roueries de cette engeance pourtant. Serait-il un nouveau Juppé droit dans ses bottes, friable comme une gaufre, alors que le pays est décrit à feu et à sang, pour ceux qui croient que les pétards de Notre Dame des glands peuvent émouvoir la population dans son ensemble et que les cheminots sont prêts à mourir pour leur statut stalinien. Désolé contestataires acharnés et mélenchonistes pitoyables, l'exercice fût réussi. Avant de vous livrer mon analyse des préparatifs et de la scénographie du déroulement, j'ai été frappé par lucidité d'un anonyme commentateur et par l'accroche de l'Obs.
L'anonyme d'abord a fort bien résumé la bonne préparation du staff élyséen :

« Macron a voulu par cet événement de communication, contrer l’actualité et opposer a l’information de la rue, l’information proactive élyséenne. Ce n’est pas du tout un hasard si son apparition a coïncidé avec l’attaque concertée contre la Syrie.
L’objectif premier était de faire l’événement et dans la foulée l’expliquer et le justifier.
On est à la fois dans une démarche de forme, occuper donc le terrain médiatique, mais aussi dans une démarche de fond, convaincre sur des éléments irréductibles en affirmant sa position, voir à la marge sur les questionnements prévisible des journalistes « ouvrir le débat » sur quelques prises de décisions.
Le choix des journalistes n’a pas été fait au hasard non plus évidemment. Il a été fait selon une stratégie bien calculée. Trouver deux personnalités « terrain » donc proche de la population, à la fois clivantes et reconnues, mais surtout avec des egos bien développés de manière à éviter par tous les moyens un phénomène d’entente deux contre un seul ! Un idéologue sans concession d’une part, et un populiste affirmé d’autre part ont été les choix assumés. Cela n’a pas raté, on a constaté des échanges musclés entre les deux journalistes …
L’idéologue a été l’objet d’attaques chirurgicales pour faire passer la fermeté élyséenne, le populiste a été le miroir de réflexion pour s’adresser aux sentiments populaires. Du grand art en matière de stratégie ».
L'Obs est à peu près sur la même longueur d'onde : «  L’entretien Bourdin - Plenel, degré supérieur de la com politique. Macron renouvelle l’interview présidentielle. Mais en fait sur le fond un exercice taillé sur mesure pour sa communication. "Vous n’êtes pas professeur et nous en sommes pas des élèves..." s’est défendu Edwy Plenel, en faisant une allusion habile au débat de VGE et Mitterrand de 1981. Celui-ci avait pressenti que la faculté de Macron à asséner "ce que je veux vous faire comprendre" finirait par agacer mais il était déjà trop tard. Car pendant que les deux journalistes s’arcboutaient sur leurs questions, s’enferrant dans un bras de fer où le locataire de l’Elysée excelle, l’un et l’autre n’ont pu contrer la force du dispositif.
En 2018, il est triste de constater que face à l’efficacité infaillible de certains interlocuteurs, ce n’est plus la justesse des questions qui peut l’emporter ni l’intensité du dialogue mais la mise en scène et l’organisation du spectacle. Or en ce domaine, c’est l’Elysée qui a la main. En choisissant de s’opposer aux durs à cuire de BFM et de Mediapart, Macron renvoient dos à dos les clans politiques que ces médias représentent malgré eux, la droite terre à terre et la gauche énervée ».

On pouvait s'attendre à ce que le bombardement de la veille en Syrie dramatise la longue interview, mais il n'en fût rien. Pourquoi s'appesantir sur un tissu de mensonges qui voilent la bagarre entre puissances pour le contrôle de la riche région pétrolière kurde. Les deux petits coqs des médias se sont justement bien gardés de dénoncer cette guerre opaque et les divers bobardements idéologiques. Ils n'ont donc pas pris de bien grands risques dans leurs coups de ganaches à répétition face au beau Serge président. Le simisesque Plenel a bien lancé un fort peu destructeur scud à « l'individu Macron » : « vous oubliez le peuple syrien » ; lui non plus dont le seul souci est qu'on laisse se généraliser le port du voile pour femmes soumises. La principale question qui pouvait fâcher était donc exclue de fait de la prestation des deux coqs, l'un genre populiste aboyeur et l'autre vieux gauchiste madré renseigné par la police pour faire passer son torchon, Médiapart pour une justice omnipotente de journalistes trop bien informés mais assez pour faire croire que le capitalisme est réformable à condition de lister tous les scandales,et par conséquent vendre du papier électronique et entretenir une flopée de journalistes claniques et sectaires. L'invocation par Plenel du droit international nous fît pouffer de rire, quand ses amis musulmans militants se fichent de tout droit sociétal et considèrent que les français en général sont des mécréants et des poires.
Macron, non traité comme un président sur son piédestal, ne s'en offusqua point et ne fut nullement ébranlé par le moustachu grimaçant lorsque celui-ci lança la première grosse banderille : « Face aux colères en France, vous êtes autoritaire et vertical, vous avez divisé le pays au lieu de le réunir ». Pauvre Plenel, couché immédiatement par la réplique. Vif, Macron, dénuda la question vicieuse, facile à démonter : l'amalgame grossier, typique d'ailleurs des petits gauchistes excités et des derniers morceaux éparpillés de la gauche bourgeoise déconfite, bute sur une absence de « coagulation » (à la place de Macron j'aurais utilisé le terme de généralisation), qui est un terme d'énarque qui a peur du sang ; en effet entre les petits boutiquiers de notre dame des glands et les travailleurs des hôpitaux et de la SNCF il n'y a rien de commun.

Alors on attaqua le Macron sur la fiscalité, le grand cheval de bataille de la gauche contre « les riches », personnalisation d'ailleurs complètement anti-marxiste et creuse – il n'y a pas une lutte des riches contre les pauvres et les riches ne s'enrichissent pas grâce aux pauvres mais grâce à l'exploitation de la classe ouvrière. Trotskiste un jour, trotskiste toujours. Le niveau zéro du raisonnement politique c'était bien Plenel qui l'incarnait malgré ses aboiements, ou son mignon crime de lèse-majesté (« on n'est pas vos élèves »). Macron eût beau jeu de se moquer des approximations et insinuations. Et est-ce utile de répondre à encore plus bête et plus trotskien comme argumentaire que cette pauvre saillie de Plenel : « Vous ne voulez pas chercher l'argent où il est » ! On comprend que ce type soit au niveau ras de la casquette zadiste pour éructer pareille ânerie : il suffirait de prendre l'argent aux riches, de cesser de leur « faire des cadeaux » ! Un Etat capitaliste honnête quoi ! (Rocard s'est bien moqué en son temps de cette argutie d'anar primaire. Bourdin, souvent désemparé que le président ignore ses questions ou ne leur accorde que peu d'importace, fût moins lourdingue dans le même registre : « L'argent vous savez où le trouver » (ndlr : dans nos poches à tous les contribuables comme pour couvrir la dette SNCF et fret...). Lorsqu'il prit l'intonation du syndicaliste moyen pour dénoncer les licenciements dans les magasins Carrefour, Bourdin lui est bien à l'abri du besoin, il est gentiment remis à sa place comme le vieux moustachu crispé : « merci de vos leçons pour toutes les injustices dans notre pays, je ne suis pas là pour entériner tous les plans sociaux  (…) je ne crois pas à la théorie du ruissellement»1.
Ceci dit et les deux bouledogues tenus sans cesse à distance, le propos du président voguait à peu près au même niveau que l'optimisme béant de son prédécesseur, agrémenté d'un très pétainiste et peu grandiloquent : « je veux remettre le pays au travail ». Il affiche cependant un culot méritoire pour la bourgeoisie française qui doit se démarquer du laxisme de son prédécesseur, qu'il y parvienne ou pas ; d'ailleurs le CCI est le seul groupe non délirant comme les gauchistes à avoir jugé de ce phénomène de personnalisation avec prudence2, mais en en soulignant les faiblesses.
Bien des constats qu'il oppose à ses interlocuteurs férus de « yaka », sont hélas patents. Les défaillances et la crasse s'accumulent dans les hôpitaux, les urgences sont débordées par l'arrivée de personnes âgées, et ce n'est pas seulement par manque de personnel (ou faible rémunération des aides soignantes comme le lui objecte ce pauvre Plenel) mais parce que les médecins traitants n'y viennent plus à l'hôpital, et qu'une grande réorganisation est nécessaire où il faudra sortir de la tarification à l'activité.
Aux questions bêtes de ses interlocuteurs Macron répond par des constats vrais, qu'il pourra ou ne pourra pas corriger peu importe ; et il l'emporte en posant lui les vrais problèmes de terrain contrairement à ce que la valetaille de journalistes jaloux va lui reprocher le lendemain. Il y a un million et demi de personnes de plus de 85 ans... ce qui signifie problèmes de santé, de mobilité, et ce n'est pas en disant comme Plenel ou LO ou le NPA « yaka faire payer les riches » qu'on règlera le problème. « On est vieux plus longtemps ». A 85 ans il leur reste pour la plupart deux ans à vivre... et à être aidé, mais par qui et comment ? Macron a la solution : « il faut investir pour médicaliser ». Bon alors on va voir... Alors Macron ne se gêne pas pour souligner le problème (réel) des retraites, et il est obligé de répéter que la retraite par répartition ce n'est pas le résultat de l'accumulation des cotisations du travail passé de chacun mais le produit de millions qui travaillent ici et maintenant.

Plenel tient à étaler son niveau politique gauchiste ras des pâquerettes : « Vous désignez les cheminots comme responsables de la dette, pourquoi vous ne changez pas les dirigeants ? ». Macron a beau jeu de le renvoyer dans les cordes avec cette pitoyable manière de la gauche neuneu et du trotskiste de base d'attaquer les personnes et de croire qu'en désignant des personnes à la vindicte on peut assainir le système. Macron apparaît ainsi plus marxiste que le pauvre Plenel !
Plenel essaie de se rattraper comme un collégien pris en faute : « c'est votre façon de commémorer mai 68 par la répression ! ». Macron ne désarme pas et ne fait pas dans le sentimentalisme : « mission accomplie, l'ordre droit être maintenu ». Bon cela reste à conclure, car les bobos de notre dame des glands ne vont pas cesser de harceler les flics pour un moment.
Bourdin qui se sent un peu mis de côté par les sabots tiersmondains de Plenel tente de remonter au créneau avec un semblant de culture, en référence à Paul Ricoeur : « "Emmanuel #Macron, est-ce que vous n'êtes pas dans une illusion puérile de toute-puissance ?"
La belle phrase n'émeut point le bellâtre au visage lisse et il débite à nouveau la trilogie sacrée : constitution-élections-législation dont il pose à l'incarnation impériale en correspondance avec les marches mussolinniennes du Palais de Chaillot qu'il a descendues en compagnie de Madame l'impératrice.
Plenel repart à l'assaut, croyant laisser loin derrière le cycliste chancelant Bourdin, qui n'a pourtant pas fait trop de bourdes : « Vous êtes président d'une situation accidentelle, au lieu d'avoir permis l'expression de la diversité des votes (diversité est le mot clé pour camarade Plenel, diversité musulmaniaque comprise), alors que vous n'avez eu que 18%, vous vous êtes donné carte blanche pour passer en force et pas en marche, et vous n'avez produit que des mécontentements ».
Plenel se fait à nouveau moucher royalement. L'autre de lui rétorquer que les mécontentements divers n'étaient pas moindres (il aurait pu ajouter « sous le boisseau » et profitant du laxisme de son prédécesseur) mais pas de pot Plenel, aux législatives le macronisme a triomphé... royalement. Bon prince qui ne s'est point offusqué de la parole provocatrice d'un fayot de la démocratie truquée, Macron n'est jamais surpris, comprend et est d'accord avec l'interviewer MAIS : « cette colère ne peut être levée que si on avance dans les transformations ».
Bouledogue Bourdin se sent des ailes et sors les crocs espérant doubler toutou Plenel : « et votre duplicité selon François Hollande... ». Le spectateur retient son souffle ! Macron va-t-il rougir ? SE lever d'un bond et mettre fin à l'entretien puis faire licencier le zozo de radio ? Du tout, cela ne l'affecte en rien (dans la haute bourgeoisie on apprend dès 3 ans aux enfants à cacher systématiquement leurs émotions) ; il répond comme si on lui avait demandé l'horaire du prochain train sur le quai d'une gare quelconque.
Bourdin tient le bon bout, et se croit assuré d'avoir remisé Plenel au rang de figurant, il sort son joker, qui va émouvoir les 8 millions scotchés devant leur écran plat : « l'Islam fait peur ». On entend Plenel penser : »gros con de facho ». Macron tempère tout en livrant le nombre peu commun d'enrégimentés mais français : « de plus en plus de français y croient, 4 à 6 millions... ».
Bourdin profite de son avantage sur le vieux trotskiste moustachu (teint) : « … je n'obéis qu'à Allah, c'est cela les enfants de la république ? ». Sans sourciller l'empereur ressort son sermon sur le miracle scolaire qui devra opérer pour mieux élever tous les enfants de la république.
L'imam Plenel n'allait pas rester muet, lui le défenseur émérite du voile en banlieue : « ces gens se sentent discriminés, il faut respecter les confessions. On refuse des parents à la sortie des écoles parce qu'elles portent le voile...
L'empereur – cest pourquoi on ne pouvait point le nommer président - sourit à gauche et sourit à droite : pas de foutoir dans le cadre républicain de l'école mais fouloir dans la rue si elles sont sûres d'avoir décidé elles-mêmes de le porter...
Bourdin qui se sait guetté par l'opinion des millions de racistes et de fachos français tente une dernière fois de pousser l'empereur à être plus clair : « ces mœurs bouleversent notre société ». Il est traité comme un crétin : « il faut être intelligent (sic) si on est sûr que c'est la femme voilée qui a fait son choix (mais qui va le lui demander?), on ne peut pas avoir une réponse uniforme (sic). Comprenez : Ni en uniforme.
L'idiot repart à l'assaut du prince : « On vous dit naïf concernant le terrorisme, les fichés S seront-ils tous expulsés ? Les plus dangereux ?

Là encore, nos deux coquins sont complices. Il n'y a pas eu besoin de préparer les questions qui étaient obligatoires concernant SNCF-ND des glands et Université – mais le même silence convenu sur les vraies causes de la « submersion migratoire », la guerre et l'impéritie du post-colonialisme. L'empereur peut tout simplement dériver sur l'explication à gogos : on va démanteler les réseaux de passeurs.
Terrain béni pour frère Plenel qui bondit à son tour pour chiper le micro à Bourdin : « horrible loi sur l'immigration avec trois scandales :
  • des mineurs en détention
  • le droit d'asile bafoué pour les immigrants légaux
  • le délit de solidarité … quand Emmaüs fait appel pour ce ce délit soit supprimé !
Se sentant rejeté, Bourdin fait la surrenchère : « hein et votre ministre de l'Intérieur qui a parlé de submersion migratoire ?
L'empereur s'élève au-dessus des deux manants pour discourir sur le « phénomène migratoire », car à part discourir (c'est un vrai merdier que personne ne peut vraiment gérer et qui est un des signes les plus visibles de l'obsolescence du capitalisme) on ne peut que blablater :
  • le droit d'asile est inconditionnel, il sera respecté (qu'on se le dise!) faut 14 mois mais on essaiera d'aller plus vite ;
  • il y a ceux qui ne relèvent pas de l'asile...
  • les enfants ne sont pas en détention (il n'ajoute pas que beaucoup ne sont plus enfants et que l'enfant n'est que la porte d'entrée pour toute la smala)
  • re-démonter les réseaux de passeurs (pas mettre fin à la guerre en Syrie!)
  • etc. etc. et « ne pas céder à l'émotion ».

On sent qu'un des trois coqs veut avoir le dernier mot. Frère Plenel se jette en premier croyant franchir en tête la ligne d'arrivée : « En France on n'est pas représentatif de la multiculturalité...et il n'y a pas eu de femme choisie pour cet interview ».
Il est plaqué au sol par l'empereur judoka expérimenté : « Ecoutez j'aurai l'occasion certainement d'inviter ultérieurement des femmes journalistes et vous, vous ne pouviez pas changer de sexe durant cette interview ».
Paf ! On se pâme dans les chaumières pour ce pauvre grimaçant qui, finalement permet à l'empereur de secouer ses lauriers : « le grand combat, cette bataille enthousiasmante et emblématique pour l'émancipation des femmes, la violence faite aux femmes est déclarée grande cause nationale3, d'ailleurs je suis le premier à avoir imposé la parité totale... ». Pourquoi ne pas déclarer les sans dents cause nationale?

Concluons que nos deux lascars interviewers n'ont pas démérité de la patrie, et même plus ils ont rendu un fieffé service à l'empereur. On a plutôt envie d'être du côté des grévistes qui refusent de discuter avec les menteurs professionnels, et tout représentant arrogant de l'Etat bourgeois.

Une remarque enfin sur la préparation du boxeur empereur. Pour la solennité c'est raté. Le palais de Chaillot conçu en 1937, année de la mode architecturale mussolinnienne, est un local ridicule et démodé. De plus le scintillement de la tour Eiffel par moments dans le dos de l'empereur nous donnait l'impression qu'il nous faisait ses voeux de Noël ; et comme on croit plus au père Noël...
Le staff a été très malin. Nombre des réparties les plus cinglantes ou humoristiques ont été soufflées à l'empereur par ses conseillers. Il y a quelque chose de subliminal pour ne pas dire sublime, non pas d'avoir choisi "deux blancs de plus de 60 balais" (cf. les ostracistes multicuculs de merdapart) mais deux vieux tout ridés et moches pour interroger l'empereur qui, lui seul, put incarner... la jeunesse face à de vieux barbons râleurs d'un autre âge! Si j'étais la gauche antiraciste et caviar j'exigerais l'interdiction du mot vieux, comme c'est le cas pour le mot race, afin qu'on soit tous une bande de jeunes sans discrimination sur les rides et les affres de l'âge! Ni obligés de porter un masque d'homme grenouille comme nos camarades de ND des glands.

La mise en scène a été trafiquée de façon à toujours donner le beau rôle et le beau profil à l'empereur. J'ai trouvé très étranger qu'on ne le filme jamais lorsqu'il buvait son verre d'eau, et il a descendu plein de petites bouteilles qu'on devait lui livrer hors champ, quand les deux figurants ne disposaient apparemment d'aucune boisson. Il est vrai que l'empereur était dans la position du débiteur de parole. Pourquoi alors nous avoir caché qu'il buvait souvent un verre d'eau après chaque accrochage ? Eh bien parce ceci vaut aveu de faiblesse. Dans l'algarade, dans le conflit la gorge se dessèche, c'est la meilleure preuve que le technocrate accuse le coup d'ailleurs. Macron a bu beaucoup d'eau ce soir-là. Que le caméraman qui a laissé voir à deux reprises le verre reposé en coin par le bras auguste de l'empereur prenne garde à son statut. On risque de lui dire que la modernisation de son poste exige qu'il soit viré.




NOTES:


1http://www.liberation.fr/france/2017/10/04/enrichir-les-riches-la-theorie-du-ruissellement-n-existe-pas-mais-inspire-des-politiques-inefficaces_1600833
2« Comme De Gaulle dans les années 1940 et 1950, Macron a été un coup de chance pour la bourgeoisie française aujourd’hui. C’est en grande partie grâce à lui que la France a évité d’atterrir dans une impasse politique similaire à celles où se trouvent actuellement ses homologues américain et britannique. Mais le succès à plus long terme de cette opération de sauvetage est tout, sauf garanti. En particulier, s’il arrivait quelque chose à Macron, ou si sa réputation politique s’altérait gravement, sa République en Marche risque de tomber en morceaux. C’est le handicap caractéristique de la "direction charismatique". Il en va de même pour la nouvelle star politique de l’opposition de gauche française : Jean-Luc Mélenchon, qui a réussi à répondre à la désagrégation de la gauche bourgeoise traditionnelle (les partis socialistes et communistes comme le trotskisme) en créant un mouvement de gauche autour de lui, d’une manière qui ressemble de façon frappante à celle de Macron lui-même. Mélenchon n’a pas perdu de temps pour jouer son rôle : canaliser le mécontentement prolétarien face aux attaques économiques à venir dans les impasses de la bourgeoisie. Quasiment du jour au lendemain, la division du travail entre les deux M, Macron et Mélenchon, est devenue un des axes de la politique de l’État français. Mais là encore, le mouvement autour de Mélenchon reste instable pour le moment, avec un risque d’éclatement si son leader chancelle ». Cf. sur le site toujours muet depuis un mois sur la grève à la SNCF et sur les bombardements en Syrie !? La secte serait-elle devenue un cercle d'étude conseilliste qui attend la révolution à la Saint Glinguin par la « magie » du réveil des masses ?
3Là l'empereur se fout carrément de la gueule de la populace romaine. Il suffit de demander à la fliquette du commissariat du quartier ce qu'il en est : elle croule sous les plaintes et demandes face à la violence répétée contre les femmes mariées ou pas. Et la police n'y peut rien, voire jette dehors les plaignantes comme une des femmes qui a été violée par frère Tariq, l'ami de Plenel, qui s'est fait casser et dépouiller sa voiture par un type qui s'appelle Jihad, et on l'a priée de sortir du commissariat qui n'est tout de même pas une maison pour protéger les femmes ou les prolétaires.

samedi 14 avril 2018

LA FABRIQUE DES HEROS GAUCHISTES

Crise de la petite bourgeoisie, ai-je dit dans mon article précédent, plutôt que crise de la bourgeoisie. On pourrait aussi penser que tout est chaos comme le radotent sectes religieuses et politiques, et hop plus besoin de se forcer à réfléchir ni pour comprendre les rapports de classe. Il est vrai qu'on nous offre en spectacle un personnel politique peu crédible, non du fait de sa jeunesse ou de l'usure de la tartufferie gauche/droite. Le renouvellement des politiciens prend du temps, et la bourgeoisie paye aussi des décennies de règne de sa gérontocratie politique, avec la disparition massive de nombre de vieillards élus jusqu'au cimetière. Qu'il n'y ait plus une tête qui dépasse à droite et à gauche pour concurrencer sérieusement la clique au pouvoir n'empêche pas l'Etat de se servir des pantins des sectes gauchistes et des héros de l'anarchisme. Franchement que la fade Nathalie Artaud, le brave Besancenot et son adjoint Poutou puissent figurer régulièrement dans le bazar de Ruquier ou du lourdingue Bourdin, cela fait misère. Où sont nos Marchais, Rocard, Deferre, et même tous les vieux trotskiens soixantehuitards promus ministres ou députaillons qui ne faisaient pas dans la figuration, tenaient l'affiche malgré leurs mains sales ? Au lieu de quoi on ne déniche que de petits figurants au discours étroit, certes honnêtes personnellement et pas dépendant des banques ou du chef de clan élyséen.

Quoiqu'ils soient tout de même utiles. Une démocratie républicaine digne de sa corruption parlementaire et syndicale se doit de s'inventer des opposants, même mineurs, même rigolos, pour affabuler le bon peuple et le prolétariat. Macron dans la petite école provinciale ne nous a pas pris pour des enfants, certes, mais pour des débiles. Il a même fait croire à Jean-Pierre Lourdaud qu'il regardait son journal de plouc à la mi-journée, tout en confirmant que les riches n'ont pas besoin de président et qu'il n'est que le président des français en général, donc que c'est les riches qui le président. Les retraités à qui il pique 30 euros par mois, et qui n'en sont pourtant pas morts, lui vouent une haine qui ne se transformera pas en jacquerie de fauteuils roulants, et qui n'est pas encore théorisée par les quadras de la résistance corrézienne artisanale.
La réduction de la lutte de classe à une grève complètement artificielle pour préserver un statut datant des années staliniennes de l'après guerre – bafouant toute tenue d'AG décisionnelle – est complétée par le charivari gauchiste autour des aventuriers zadistes et de leurs exploits dans la lutte urbaine guévarisée à la campagne, qui est franchement ridicule et n'intéresse même pas le roi des écolos Hulot. Les médias ont vraiment du mal à trouver une similarité avec l'étudiant de 68 avec le « prolétariat » voire une convergence d'intérêt avec les hommes papys grenouilles de NDDL pour toute cette couche d'étudiants floués de la petite bourgeoisie, déjà éliminée avant de pouvoir mettre un pied à la fac, qui réclame sans rire 10 de moyenne d'office pour tous, et dont des profs ont même proposé de leur mettre 20/20, ce qui serait un bon début pour la nullité des diplômes qu'on leur prépare et un CV plus titré pour pôle emploi. Ils feront comme nous les fils d'ouvriers bacheliers, après 68, ils apprendront à devenir hommes de peine, et à jouer des coudes dans la raréfaction des boulots de merde ! Les pauvres ils deviendront visibles pour des années de désillusions et de pénibilité, et sans doute pour une grande part, grandira en eux une conscience de classe révolutionnaire et pas réformiste zadiste !
L'Etat bourgeois nous amuse à inventer des héros policiers (ce qui leur fait une belle jambe dans la tombe) mais aussi elle nous sert des héros anarchistes, qui se croient tels et qui sont finalement eux aussi baisés comme le flic de base.

A DES AGITATIONS SANS TETE DES INVISIBLES HEROS qui POSTULENT à la visibilité... émeutière !

Un des meneurs de la croizade
Revoilou nos insurrectionnalistes du verbe traités comme des héros à leur tour ! Ayant écrit de nombreux articles par le passé sur les invisibles, au sens classique, c'est à dire les prolétaires anonymes, les laissés pour compte, enfin tout ce prolétariat qui ne compte pas, qui n'existe pas pour le pouvoir, ses médias et ses lèche-bottes ou contestataires divers, je ne pouvais que me moquer de ces marginaux anarchistes sans principe qui se sont mis à récupérer le terme pour faire les beaux face aux médias menteurs et à la justice de classe aux ordres1. En 2008 j'avais dénoncé la lâcheté de la presse dans son acharnement à hurler au complot terroriste avec cette ignoble vieille mystification de l'antiterrorisme2 . J’ai en même temps démonté petit à petit le délire idéologique des anarchistes verbeux (et dans mon livre The end), puis lassé de leur pipolisation je suis retourné à la position du milieu maximaliste : pas de soutien à l’Etat bourgeois ni aux petits bourgeois anarchistes… qui s’en tirent toujours ; comme le confirme leur béatification présente par le chœur des serviteurs de la gauche au pouvoir3.
J’avais analysé dans plusieurs textes sur ce blog encore consultables plusieurs épisodes de l’affaire de Tarnac. Le 19 novembre 2008, sous l’intitulé « Les campagnes anti-terroristes sont sur les rails » : « L’Etat sarkozien ne défaille ni ne déraille en montant de bric et de broc une nouvelle affaire Dreyfus – vieux modèle de machination nationaliste qui a inauguré tant de provocations et de complots bien réels pour museler les masses – l’affaire de Tarnac (corrèze, France 2008). L’Etat bourgeois machine toute l’affaire avec la plus totale arrogance et en toute impunité, c’est clair maintenant. L’Etat bourgeois est une structure à vocation terrorisante. Pourquoi revenir sur cette lamentable persécution d’éléments marginaux ? Alors que le même Etat agite déjà de possibles (vrais) attentats terroristes talibans ? D’abord parce que reste sous-jacente et encore confuse la riposte de classe au début de la douche de licenciements et de paupérisation absolue. L’Etat supprime de plus en plus les allocations chômage en même temps que la retraite, et il veut en même temps terroriser toute riposte de masse, en sabotant par l’amalgame anarchiste la nature de la lutte nécessairement conflictuelle et violente et en terrorisant les prolétaires (suggérons à la police d’arrêter tous ceux qui possèdent un exemplaire de ce texte subversif que reste de Manifeste communiste de 1848 »4.

Je peux sans honte encore me recopier pour vous éviter de zapper sur mon blog :

« Les anarchistes de Tarnac ne sont pas clairs du tout politiquement, je n’arrive pas à me défaire de ma méfiance quant à leur base culturelle ésotérique et quand je tombe sur leur revendication de l’héritage « gauche patriotique » je me contrefiche de la durée de leur emprisonnement. Je suis le seul alors à rappeler l’acte terroriste du PCF en 1947 - LE DERAILLEMENT DU TRAIN PARIS-TOURCOING (3 décembre 1947) – qui aurait pu servir de lot de consolation pour tous ceux, pas forcément le clan à Coupat-Agambem-Hazan, qui, psychopathes anars, y pensaient vraiment avec joie ! Dans le film de Mosco, l’ex-bonze Auguste Lecoeur narre cette vilaine affaire du sabotage du train express Paris-Tourcoing. On est encore en pleine grève des mineurs. Un militant d’Arras «informe » le secrétaire de section du PCF qu’un train au départ de Paris va livrer des centaines de Gardes mobiles pour réprimer les grévistes. Le temps de la résistance n’est pas loin et les cheminots CGT savent comment faire dérailler un train. Une équipe accomplit le «boulot ». Le train déraille, fait une vingtaine de morts (21 ou 24) et une quarantaine de blessés. Le train n’était composé que de voyageurs prolétaires. L’émotion est considérable. Lecoeur convoque le secrétaire de section, Rena Camphin pour explication. Celui-ci lui aurait répondu qu’il ne se considérait pas complice mais qu’il « n’avait pas eu la force politique de l’empêcher ». Lecoeur ment-il pour dédouaner le comité central ? Il ne faut pas oublier que le PCF est extrêmement hiérarchisé, et que ses repentis sont l’objet de menaces de mort si certaines de leurs révélations vont trop loin (…) »5.
Et voilà que je trouve le fond de l’argumentation très PCF de nos « insurrectionnalistes » (…): « Le pouvoir centralisé qui tente de se mettre en place au niveau mondial ne possède aucune légitimité démocratique » (!?), du Fidèle MT Buffet pur ! Ensuite comme le Big Brother du «marketing » veut anéantir toute l’espèce humaine : « la résistance doit s’organiser » ! Ah tiens la résistance bourgeoise, celle de Papy Hessel, l’idole des jeunes bobos « indignés » :
« Cependant si l’on veut qu’elle soit constructive (la résistance) et ne stagne pas dans des émeutes incohérentes et acéphales ou du terrorisme stérile, cette résistance doit être impérativement organisée (…) L’insurrection qui vient doit être conçue, réfléchie, méthodique et rationnelle », en particulier en mettant au point le même système d’espionnage et de contre-espionnage des flics. Extraordinaire le progrès théorique accompli depuis le gentil breuvage tarnacien multi-édité par ce con de Hazan. A croire que nos anonymes ont bien lu mon « The end » où je me foutais royalement de leurs bagarres de rue et fuites de collégiens face aux charges de CRS ! Mais la « progression théorique » est encore plus minable que les vieux écrits du merdeux Coupat, la référence pratique c’est la Résistance stalinienne : « Un modèle d’organisation nous a été proposé par l’histoire : il s’agit du conseil national de la résistance (CNR) formé à la suite de l’appel du 18 juin du Général De Gaulle en exil qui rassembla des hommes et des femmes de toutes origines politiques, sociales, confessionnelles, pour lutter contre l’envahisseur nazi (…) La guerre a donc bien été déclarée. En réponse nous voulons par ce texte apporter notre pierre à un deuxième futur Conseil National de la résistance (…) Notre but est de fédérer dans une Union sacrée toutes les volontés de se battre contre l’ennemi commun, qui prend aujourd’hui le visage de ce Nouvel Ordre Mondial (NMO) fondée sur la stratégie du choc, le chaos planifié, les crises économiques programmées… pour justifier la surveillance concentrationnaire des populations». Le dernier paragraphe est de la phrase romantique juvénile. Le capitalisme actuel serait donc un nouveau nazisme ? Canular ? Rédaction par un policier bourré ? Se prennent-ils au sérieux? En tout cas le prolétariat ne peut pas considérer ces potaches comme autre chose que des enfants de bobos qui s’ennuient, en attendant la fin de leurs études ou parce qu’ils ont obtenu des diplômes qui ne servent à rien ».

UNE MEME UTILISATION MAIS A L’ENVERS DE L’AFFAIRE DE TARNAC

« Agamben et la petite Yildune ne font au demeurant que s’aligner et se cacher derrière la nouvelle version en vogue du « complot » - « Le secret le mieux gardé de l’affaire de Tarnac » - l’Affaire Mark Kennedy, espion anglais «  infiltré au coeur des mouvements altermondialistes et environnementalistes européens ». Les « arcanes de notre temps » vérifient les vrais subversifs : « On peut dresser de l'affaire de Tarnac plusieurs généalogies également scandaleuses, et presque également barbouzardes, mais la plus significative politiquement est celle qui part de Mark Kennedy : car c'est elle qui en dit le plus long sur les arcanes de notre temps. Mark Kennedy travaillait officiellement pour la National Public Order Intelligence Unit, un service de renseignement britannique créé en 1999 afin de combattre le retour de la contestation écologiste et antiglobalisation au Royaume-Uni ». Suit le détail des banalités complotistes éculées agrémentées d’une critique peu coûteuse de la démocratie bourgeoise au profit d’un marginalisme obscur: « Les techniques de surveillance humaine comme l'électronique à disposition doivent être suffisamment étendues, sophistiquées et partagées. Et comme ces techniques "préventives" ne sont elles-mêmes guère compatibles avec l'ordre réputé démocratique, il faut s'organiser en marge de celui-ci ».

Ah l'apologie de la marge surveillée jusque dans les chiottes en cartons de Notre Dame des Landes !

« La semaine dernière, l’organe des bobos haut de gamme, Le Nouvel Obs, s’était intéressé à la base théorique de nos petits bourgeois émeutiers dits « ultra-gauchistes » et de leurs quelques amis du lumpenprolétariat (ex-taulards politisés maos comme on le verra plus loin). Sous forme publicitaire – « Spectres de Julien Coupat » -le pigiste du Nouvel Obs se livrait à une nouvelle description de la « légende de Julien Coupat » (vous vous souvenez ? le prétendu coupeur de caténaires mais surtout coupeur de cheveux en quatre en matière littéraire), pour évoquer un « faux » ( ?) nouveau « Comité invisible » qui ferait un tabac chez tous les hackers et mordus des « sites subversifs mal pensants » sur le web depuis l’été. L’œuvre qui circule – Ingénierie sociale et mondialisation (et non pas indigeste total ou indigent indigeste) – est qualifiée de « samizdat d’une quarantaine de pages paranoïaques et brillantes ». Il n’est en fait qu’une copie conforme du brouet potache et morveux «L’insurrection qui vient ». Je vais y venir. Le pigiste du Nouvel Obs, qui est rétribué à la pièce pour tout article en faveur des merdes qui encombrent les rayonnages de la FNAC ou de Gibert, se devait par contre de mettre sur la devanture le dernier produit du crétin Hazan : « Tout a failli, vive le communisme ». Cette compil de la revue des p’tits couns de Coupat « passe au lance-flamme les grandes figures de l’anticapitalisme boboïsant des années 2000, ainsi les groupies de Toni Negri ou les alters d’Attac » comme les soixantehuitards devenus bons démocrates. De même « toute la mythologie ouvriériste est à bazarder » en se reposant sur les cours de M.Foucauld. Le pigiste ne manque pas de savater tous ces radicaux de préau d’école avec superbe : « On ne s’interdira pas d’y déceler de sérieuses traces de nihilisme adolescent ».
L'Obs veut bien les interviewer mais leur pisse dessus en même temps.
« Ce nihilisme adolescent on le retrouve dans les 40 pages du « faux comité invisible », dont 90% de la démonstration, s’appuyant sur des citations de psys ou de parfaits inconnus pour faire cultivé, repose avec un ton doctoral et super-prétentieux sur la théorie du complot sophistiqué » : « Ainsi, d’une activité d’inculcation d’un système de valeurs, une Loi, divine ou républicaine, la politique s’est déplacée vers les questions purement techniques d’ingénierie des comportements et d’optimisation de la gestion des groupes ». D’une banalité à couper le souffle le pensum ne fait que reprendre la théorie gauchiste de la « manipulation subliminale » pour esquiver encore tout raisonnement politique contre la bourgeoisie : « grâce à ces nouveaux outils, ajoutent nos ingénieurs anarchistes, les élites politiques des pays industrialisés ont ainsi pu faire l’économie de toute forme d’axiologie ( ?), de discussion sur les valeurs, les idées, le sens et les principes, pour ne se consacrer qu’à une technologie organisationnelle des populations ». Nos techniciens de la nouvelle ingénierie n’ont pas inventé l’électricité mais la nouvelle lumière : « rs politique est devenue en 2009 l’art d’automatiser les comportements sans discussion ». Ces invisibles techniciens anarchistes, plus phraseurs que véritables ingénieurs d’ailleurs, nous prennent par la main pour « une excursion au travers de ces mutations du champ politique ». Dans ce train fantôme on va rencontrer de petits monstres comme Attali, Crozier, Sarkozy, Warren Buffet, et on nous fera des guilli-guillis avec des militaires assis sur des micro-ordinateurs pour mieux « fliquer » la population. La même idée est répétée inlassablement : programmation et conditionnement des petits hommes verts que nous sommes devenus. Les commentaires issus du basisme gauchisme le plus primaire fleurissent parfois, comme pour justifier le bris de vitrine des banques : celles-ci ont « manipulé les Etats », ce sont elles qui ont déclenché la panique bancaire de 2008 ! Pour atténuer la violence d’une telle « révélation » nos rodeurs anonymes s’appuient sur le «marxiste » (tendance Sarkozien) Alain Minc et son célèbre pamphlet bolchevik » « dix jours qui ébranleront le monde » ! Mais aussi les témoignages de Charlie Hebdo, Clausewitz, Michel Camdessus, Denis Kessler, Kurt Lewin, Jean Monnet. Quelle culture ma chère ! Et on apprendra aussi ce que signifient « tittytainement » et surtout le « Social Learning » formidable découverte psychosociologique. On sera enclin à relire Gustave Le Bon. On s’inquiètera du « hacking social » des classes dirigeantes. La théorie du démarcheur colporteur – le pied dans la porte – vous explique ensuite comment vous avez fait pour vous coincer vous-mêmes les doigts dans le « système marketing» (simple traduc du concept gaucho-bovéiste de l’immonde « sté marchande »). Passons sur le « mind control », le « virtualisme », le « reality-building » et les considérables contributions à la pensée ultra-bobo moderne mais marginale des Foucauld et Agamben.
Les post-ados qui ont réalisé ce pauvre texte poussif bourré des citations de tous les ânes connus ou moins connus s’avèrent tout pénétrés de leur lecture ingénue de Georges Orwell (et son mauvais roman anti-stalinien «1984 » comme des amis de l’idiot éditeur Hazan, qui leur servira aussi la soupe, dont l’apport à l’étude de l’aliénation moderne est au moins aussi considérable que celle de pépé Maspéro). L’affaire de Tarnac est devenue le nec plus ultra de la nouvelle école insurrectionnaliste, son congrès de 1903, sa « répétition générale » face à la « structure psychotique » du pouvoir. Toute l’argumentation de la page s’appuie d’ailleurs surtout sur un article de l’Huma de la camarade Fidèle Buffet (sans Che Besancenot pourtant). N’étant pas capable intellectuellement de résumer les pages qui suivent, je saute à la conclusion : « la résistance doit s’organiser » !
  • « Cependant si l’on veut qu’elle soit constructive (la résistance) et ne stagne pas dans des émeutes incohérentes et acéphales ou du terrorisme stérile, cette résistance doit être impérativement organisée (…) L’insurrection qui vient doit être conçue, réfléchie, méthodique et rationnelle », en particulier en mettant au point le même système d’espionnage et de contre-espionnage des flics, donc les principaux ennemis qu'il faut concrètement caillasser comme fin en soi et pour soi. Extraordinaire le progrès théorique accompli depuis le gentil breuvage tarnacien multi-édité par ce con de Hazan. A croire que nos anonymes ont bien lu mon « The end » où je me foutais royalement de leurs bagarres de rue et fuites de collégiens face aux charges de CRS !
  • Hélas la classe ouvrière ignore facéties, haines diverses, névroses, pirouettes littéraires et fumettes des insurgés indignés ! Quand bien même ils prêchent pour « notre classe » (la bobologie acoquinée) + les casseurs de tout poil et les voilés de toute banlieue. Mao ne disait-il pas : « il faut mettre le feu à la plaine » ?
« Malheureusement, comme similitude aussi, nous subissons de plein fouet la non reconnaissance, par notre classe, par nos frères de chaîne en lutte dans une région, de la lutte d'autres prolétaires dans d'autres zones du monde ! Et pourtant, le prolétariat entier, sur toute la surface de la terre, est concerné par chacune de ces luttes ! Envers et contre toutes les idéologies bourgeoises, nous affirmons que ces luttes sont nôtres, sont l'expression de notre classe. Le présent texte affirme haut et fort que ce sont nos frères de classe qui se sont battus dans la rue et continuent à le faire ! (…)nous affirmons que le prolétariat n'a pas d'autre choix que d'abattre le capitalisme, l'ensemble de cette société de merde ! Il n'y pas de porte de sortie, il n'y a pas de choix pour nous tous, prolétaires, sinon de faire ce que nos frères de classe dans les cités ont fait : tout foutre en l'air, point barre ! Sans tortiller du cul.(…)Oui, mille fois oui, les casseurs, les cailleras, les sauvageons... sont le prolétariat dans ce qu'il a de plus intense, de plus beau : la haine totale, la rage totale contre cette société ! En novembre 2005, la multiplication des foyers émeutiers et la rapidité de l'extension géographique de la lutte exprime que, dans les actes, il y a eu un dépassement des divisions raciales, religieuses, des rivalités de quartier »

En 2014 avec comme intitulé : L'insurrection qui revient de loin – La marmelade gauchiste poudrée de références stalinoïdes était soulignée, au point que le trostko-libertaire Besancenot regrettait de ne pas les avoir soutenu au début.
« La référence à une autre société n’est jamais la tentative bolchevique ni les débats du courant maximaliste de la dite Gauche communiste (Pannekoek, Appel, Bordiga, Bilan, etc.) mais les resucées du stalinisme, les bobards des anars espagnols, les coopératives de la misère en Amérique du Sud et les acquis médicaux de la dictature castriste : « … après la révolution cubaine on a vu la médecine de ce pays devenir la meilleure d’Amérique latine la mortalité infantile baisser au niveau des pays industriels le tout sans injection particulière de crédits ». La profession de prestidigitateur est une profession de menteur habile. Hazan est Garcimore, aucun coup n’est destiné à marcher pour la plus grande joie du spectateur. La médecine merveilleuse de Cuba n’est que de la propaganda castriste. Les médecins venézueliens en particulier étaient pris en otage, leur salaire envoyé au pays pour leur famille et la misère cubaine toujours plus belle au soleil du stalinisme exotique même si la mortalité infantile avait baissé. L’illusionniste anarchiste se trahit toujours par ses références au présent pour ne pas passer pour un hippy utopiste. Son raisonnement de marginal hors des réalités de classe et son déni de l’histoire réelle de la théorie marxiste insurrectionnelle veut se moquer du monde mais fait rire de son tour de passe-passe raté".

L'antitarnacisme primaire aurait-il suppléé à l'antiterrorisme vacillant à la veille du bashing de la SNCF ?

C'est ce que sur quoi je m'interrogeais dès fin mars de cette année : Les « invisibles vont-ils réussir là où les communisateurs ont échoué ?6 Sous-titre : Des épiciers littérateurs anarchistes remis en vedette7 et un drôle de calendrier pour une grève bizarre, perlée, en pointillé, inventée par les zèbres des syndicats gouvernementaux. COMITARDS INVISIBLES : LES AVENTURES SURNATURELLES ET ZADISTES DE CONCOMBRE MASQUé.

Remplaçant le désuet combat de classe, l'occupation zadiste est la fragmentation « qui pointe vers ce que nous appelons « communisme » : c'est le retour sur terre », donc en occupant les terres reprises au capitalisme ! Suffisait d'y penser pour être vraiment communiste !

Que propos(ait) notre concombre masqué face à la bulle navrante du smartphone dans « la foule solitaire sérielle des transports en commun (…) une bulle qui immunise contre tout contact, en plus de constituer un mouchard absolu » ?
  • « S'organiser véritablement n'a jamais été autre chose que s'aimer ».
Une argumentation tarnacienne à mourir... de rire ! Avec cette autre recopiage de nos pauvres communisateurs : « Le communisme est le mouvement réel qui destitue l'état de choses existant ».8
En attendant, la fin du travail prônée comme solution par nos trimards d'épicerie provinciale et architectes des cabanes bambous à zadistes confirmés, il suffit « d'être présent au monde » et de vivre on ne sait comment9. Depuis une cabine de la ZAD, en cageot et ficelles, il faut préciser : « Nous ne pouvons avoir recours à des structures qu'à condition de les trouer »10. Les murs en carton de la cabane zadiste ? Car, tout est dans les mots et la radicalité dans le vague total : « La seule mesure de l'état de crise du capital, c'est le degré d'organisation des forces qui entendent le détruire ».11

VICTOIRE OU MISERABLE FIN ?

Le procès terminal des épiciers anarchistes ne mobilisa pas toute la devanture médiatique ni ne permit de traiter – la police de l'ombre le souhaitait - que l'on qualifie les pauvres grévistes de la grève à compter des perles, de « preneurs d'otages » ni de terroristes, mais la justice bourgeoise n'était pas du tout déconfite comme le crurent les nombreux gauchistes immatures, bien au contraire la relaxe permettait de relooker une institution pourrie fondamentalement par le fric, la collusion avec le pouvoir et la corruption de tous les avocaillons friqués. La joie de Yldune entourée de micros et de caméras ne se lira jamais sur les visages milliers de condamnés injustement, ni de toutes ces femmes victimes de maris pervers narcissiques qui gagnent toujours leur procès car l'injustice « justice » est fondamentalement perverse et narcissique12. Elle ne fait qu'appliquer les textes ! Elle est cruelle et inhumaine, comme elle l'a été avec ces pauvres zéros zadistes, mais si leur peine a été interrompue, rien ne changera pour les milliers de victimes de l'ordre bourgeois.

L'utilisation de la relaxe ne visa pas non plus à glorifier une quelconque voie révolutionnaire de classe « exemplaire », par exemple pour saluer la grève totalement bureaucratisée des cheminots – artificiellement encadrée par les bonzes et sans décision d'AG – mais donner la parole à l'adjointe du héros corrézien, la nouvelle héroïne Yldune Lévy, toujours par l'entremise du vendeur de voitures et de maisons de luxe, Le Nouvel Obs. Tribune de luxe comme dix avant, la femme libérée est conviée à venir faire part de sa vision révolutionnaire et de l'exemple à suivre : les fermes libérées de la croizade nantaise. Avec son affreux galure la nana a quelque chose de sectaire et un ton empreint de religiosité. Une victime peut être aussi une bigote.

Dix ans auparavant l'insurrection menaçait, mais si le mot est inusité et quelque peu désuet, il y a quelque chose de révolutionnaire à asperger d'acide les flics et à défendre des cabanes de clochards : « S’il y a un enseignement à retenir, c’est qu’il ne faut jamais lâcher. Toujours continuer à se battre, quelle que soit la situation. Qu’on soit au fin fond des geôles de l’Etat, en grève contre une libéralisation de l’économie, en lutte à Notre-Dame-des-Landes… Ce qui est en train de se jouer, là, c’est notre avenir à tous ».
Il y a surtout quelque chose de léninien dans les propos de la petite Yldune, ses années de persécution judiciaire lui donnent la légitimité pour se placer à la tête du « mouvement » (queue contestataire) en France : « Ce qui s’est joué dans notre affaire, c’est la possibilité de lutter en France. Et nous avons su lutter, que ce soit dans cette bataille judiciaire, dans la rue, dans les mouvements sociaux… ». Oui à coups d'homélie et de déclarations fière à bras et d'un grand vide !

D'ailleurs l'antiterrorisme ne les désignait-il pas comme les chefs du prolétariat ? :
- « L’antiterrorisme, c’est une opération contre la population dans son ensemble : c’est le vieil adage "en taper un pour en effrayer cent". C’est une technique de gouvernement qui visait à nous isoler de la population, à nous désigner comme des monstres. D’ailleurs, et c’est une des choses les plus belles dans cette affaire, c'est que loin de nous isoler, elle a permis des rencontres, partout ! »

Des rencontres avec le prolétariat ? Certainement pas.

- « Je crois à une perspective révolutionnaire, c’est-à-dire une transformation de l’ordre des choses ».
Le qualificatif de marginale lui pèse : « ma formation d’archéologue me permet de mesurer que ce qu’on nous présente, c’est-à-dire le capitalisme et l’Occident, ne sont pas la seule possibilité d’organisation à travers l’espace et le temps. Il est nécessaire de s’engager, de se mettre en mouvement partout où nous nous trouvons. Nous ne sommes pas séparés du monde ».
Mais si mais si tu es séparée du monde réel dans ta petite secte et votre mouvance hippie ringarde !

  • « Et oui, il y a d’autres possibilités pour le futur que celle qu’on nous présente comme une fatalité. Prenons l’abandon de l’aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Qu’est-ce que ça a rouvert ? La possibilité d’une victoire politique. Dans ma déclaration, j’ai également cité les facs occupées, les piquets de grève ».

Les invisibles deviennent enfin visibles mais pour nous tenir le même discours que n'importe quel mao, trotskiste ou syndicaliste basique : « on va vous diriger, on sera à la tête de tous les mécontentements ou du moins leurs traducteurs poétiques au fond de nos cabanes dans les bois ».

Témoignage émouvant, dit la presse, d'une qui revient de loin, pas de l'insurrection qui venait mais de la prison en attendant de tout casser « par tous les moyens » :

« J’ai voulu leur dire qu’il faut rester debout quoi qu’il arrive. Que c’est très dur, mais qu’il faut se battre. Et qu’une des seules armes qu’on a contre leur folie c’est d’être ensemble, nombreux et nombreuses, multiples, de déjouer les représentations, et d’agir par tous les moyens ». 

A quoi servent les campagnes anti-terroristes de la bourgeoisie ?

Je mentirais si je disais que je suis en désaccord avec tout ce que disent des victimes devenues visibles. Les campagnes anti-terroristes actuelles, comme celles d'hier, permettent de justifier le renforcement de l'Etat qui ne peut se permettre de frapper aussi violemment directement contre la classe ouvrière, une classe ouvrière encore interloquée et impuissante, et frappent sur des éléments confus, pétitionnaires de l'émeute et pas dangereux du tout pour la pérennité de ce même Etat.

La hiérarchie policière est un des rouages les plus pernicieux et corrompu de l'Etat. Sarkozy et Villepin l'ont compris, et avant eux Mitterrand et Chirac : tenir la Place Beauvau, c'est tenir la police, les RG, la DST et les préfets, bref une machine de guerre et une mine d'informations compromettantes. La Place Beauvau, lieu de tous les secrets de la République, est le point de passage obligé pour tout présidentiable qui se respecte13. Comme le sommet est hyper pourri14, contrairement aux ouvriers, les flics votent massivement aux élections syndicales pour espérer être un tant soit peu défendu dans leur avancement et dans les « accidents » du travail.
Je n'épiloguerai pas ici sur le ratés de l'antiterrorisme, dont la presse bourgeoise se fait une spécialité … pour faire croire qu'on pourrait être mieux protégé des tarés assassins que ni les trotskistes ni les tarnaciens ni Médiapart ne dénoncent lors de chaque attentat15, car la vengeance post-colinialiste et anti-raciste est éternelle comme la bêtise religieuse de toute l'intelligentsia de la gauche caviar.






ANNEXE : les arguments des petits bourgeois sur les campagnes anti-terroristes.


Nidal Taibi, pour les Inrrockuptibles, un canard en déficit tenu à bout de bras par le trust Le Monde, sert la soupe à un ancien employé de Médiapart, auteur de “Tarnac, magasin général” , David Dufresne s'est longtemps penché sur l'affaire de Tarnac. Prévenus, enquêteurs, habitants de la commune Tarnac, il les a tous rencontrés :

« … vous avez défendu dans une précédente interview que l'affaire de Tarnac c'est “l'antiterrorisme bras armé de la politique”. Pourriez-vous développer ce point ?
Étymologiquement, par police on entend gestion de la cité. Il y a plusieurs sortes de polices. Parmi lesquelles deux sont éminemment politiques : la police du maintien de l’ordre et celle de l’antiterrorisme. Deux polices que j’ai étudiées pendant des années. Précisons par ailleurs qu’il n’existe pas de définition universelle du terrorisme. A l’ONU, par exemple, il n’y en a pas. Parce que le terroriste de l’un est le résistant de l’autre. Alors évidemment, aujourd’hui en France, avec tous les attentats qui ont été perpétrés  - à Nice, au Bataclan, à Charlie Hebdo, au magasin Hyper Cacher, à Toulouse -, c’est très délicat d’en discuter. Je reste bouleversé comme chacun par ces actes sans nom. Mais l’on se doit, tous, de raisonner.  Or, dans le cadre de mon enquête sur l’affaire dite de Tarnac, tous les protagonistes de la machine antiterrorisme que j’ai rencontrés, police, justice, et autres, se situaient, fatalement, d’un point de vue politique. Dans cette affaire, on n'est pas dans le droit commun. Ce n’est pas un braquage qui est examiné, mais un mode de pensée. Un mode d’action. Des modes de vie. Il faudrait être aveugle pour ne pas voir qu’aujourd’hui l’antiterrorisme est devenu un
Et si elle les préférait à ses flics?
mode de gouvernance en France (TB ! JLR). La vie politique et sociétale entière est axée sur l’antiterrorisme. Sarkozy, Valls, Collomb, même combat.
Dans Tarnac, magasin général”, j’avais souligné comment les fonctionnaires de la DCRI (La direction générale de la Sécurité intérieure) étaient en service commandé. Ils exécutaient les ordres. Les grands patrons du renseignement étaient obligés d’alimenter le ministère de photos, de documents, concernant des groupes présentés comme terroristes. La DCRI, fleuron de Sarkozy, était vendue par ce dernier comme un FBI à la française. On se focalisait notamment sur l’ultragauche. Un vieux fantasme de la droite classique. Dans son imaginaire, quand la gauche de gouvernement se trouve en état faiblesse - c’était le cas au début du quinquennat Sarkozy -, l'extrême gauche retrouve du succès.

Sur l'antiterrorisme :

« Depuis 15 ans, chaque attentat est utilisé pour effacer pas à pas toute trace de dissensus. Chaque nouvelle attaque est mobilisée afin de refaire une unité nationale toujours plus problématique, pour un temps toujours plus bref. À la pacification des mœurs répond la massification des peurs. On se souvient encore du rehaussement opportun de l’indice de la « menace terroriste » par Brice Hortefeux au tout début du mouvement contre la réforme des retraites en 2010. Une obscure fatalité veut que chaque grande explosion d’anticapitalisme, depuis 15 ans, se trouve opportunément refoulée par telle ou telle explosion de « terrorisme ». Le souvenir du contre-sommet de Gênes a été presque instantanément balayé par l’attaque du 11 septembre ; celui de Gleneagles en Écosse, en 2006, par l’attentat du métro de Londres. Et si nul n’a entendu parler, en France, de la manifestation qui a secoué le cœur financier de l’Europe à Francfort en 2015, c’est en grande partie du fait de la fusillade du Bardo à Tunis le jour même. On s’imagine très bien ce qui serait advenu du conflit du printemps 2016 si l’État avait pu alors se mettre sous la dent quelque massacre plus ou moins revendiqué par l’État Islamique. Rien de nouveau, à vrai dire, sous le soleil. En 1899, Francis de Pressensé écrivait déjà au sujet des lois scélérates16 : « La France a connu à plusieurs reprises, au cours de ce siècle, ces paniques, provoquées par certains attentats, savamment exploitées par la réaction et qui ont toujours fait payer à la liberté les frais d’une sécurité menteuse. » Ce qui est plus nouveau, et plus déstabilisant, c’est de voir l’État Islamique chasser sur un terrain qui fut longtemps le privilège de la cause révolutionnaire : la promesse d’une vie radicalement autre alliée à une foi dans la cause qui va jusqu’au point d’accepter de mourir pour elle ».

ON RETROUVE L'ARGUMENTAIRE DES INVISIBLES ici : http://www.lesutopiques.org/revolutionnaire-savoir-lantiterrorisme/

L'auteur invisible, tout en jouant au faux modeste – on remarquera que l'auteur gauchiste dit nous et qu'on ne sait toujours pas qui est ce « nous ». Il se prend pour le centre du monde, un monde à la big brother où quiconque, bourgeois et prolétaires est « fliqué », un « 2984 » en quelque sorte. Les invisibles ont « tout prévu », bagarres de rue, insultes contre les musulmans et immigrés (nos frères en croyance insurrectionnelle...). L'antiterrorisme est un mode de gouvernement, certes, mais il n'est pas le seul, il est momentané et aléatoire contrairement à ce que croit le cagoulé. La répression que s'autorise l'antiterrorisme gouvernemental ne vise pas la classe ouvrière ni à la terroriser – les attentats oui – mais vise à faire croire qu'elle est défendue dans l'union nationale. La classe ouvrière et même la population en général ne se sent pas terrorisée quand elle voit débouler des escouades pour cerner des terroristes, elle en redemande elle quand nos zigotos invisibles seraient plutôt du côté des « héros islamistes »... L'antiterrorisme n'a pas toujours la même fonction, on ne peut pas mettre sur le même plan les événements pendant la guerre d'Algérie ou même sous l'Espagne de Franco avec une stratégie terroriste mondiale et qui masque la nécessité de reprendre la guerre mondiale. Il y a également un problème de civilisation que ne veulent pas voir les gauchistes à la suite de l'intelligentsia du PSG, où face à la crise migratoire embourbée avec l'islam, on ne nous propose plus que l'arriération multiculturaliste ou l'arriération nationale. Il faut lire tout ce charabia pour mesurer le taux d'idéalisme de ces individus et les justifications invraisemblables et irréelles qu'ils fournissent pour « justifier » leurs compères plus que violents mais tueurs sans vergogne des armées dispersées de la guerre géopolitique du pétrole, qui sont « rétribués » par les imams des pétromonarchies. Enfin j'en termine avec cette salade de tous les mécontentements catégoriels que le marginal croit englober dans une même révolte (plus insurrection?) « pour vivre sans gouvernement »... en plantant des choux en Bretagne et en élevant des chèvres au Larzac ! Mais par pitié, n'y mêle pas les grèves et les formes de lutte indépendante de classe du prolétariat !

« … nous soutenions que « l’antiterrorisme n’a rien à voir avec le “terrorisme“. Il s’agit d’une technique de gouvernement » (Les habits neufs de l’ennemi intérieur, 15 mai 2008). Par la suite, une fois dans les fers, nous n’avons cessé de le répéter : ce montage ne nous visait pas centralement nous, qui n’étions qu’une menace très relative, mais l’ensemble de la population, qu’il s’agissait de mettre au pas. Il importait, en faisant un exemple, d’inaugurer un nouveau traitement terrifiant de toute insubordination déterminée. Il faut croire que, si tant de gens qui ne partageaient pas nécessairement les vues de L’insurrection qui vient17, nous ont alors soutenus, ce fut en vertu d’une telle prescience : si cette opération marchait, sa logique ne pourrait que s’étendre rapidement, par cercles concentriques, à bien d’autres gens, militants ou pas. Le quinquennat Hollande n’aura pas manqué de confirmer cette prévision. Ce qui se déroule sous nos yeux depuis les attentats de 2015 est la réalisation en grand de ce que nous avons appelé « l’antiterrorisme comme forme de gouvernement ». Alors que ces attentats pourraient très bien donner matière à réflexion – par exemple sur le fait que depuis une décennie on ne cesse d’insulter musulmans et immigrés sur la place publique à peu près chaque semaine, ou sur l’opportunité pour l’armée française de se projeter et de tuer, sous prétexte de lutte contre le terrorisme, aux quatre coins du monde -, ils sont plutôt matière à réaction, à réaction gouvernementale notamment.
(…) L’antiterrorisme n’est pas d’abord une forme de répression judiciaire, mais un mode de gouvernement
a. Contre toute apparence, l’antiterrorisme ne vise pas centralement ceux sur qui il s’abat, mais la population en général. Il vise à obtenir, en frappant certains, un effet sur tous les autres. Que ce soit pour les rassurer en accréditant la fiction que le gouvernement serait là pour les protéger de tant de menaces, ou pour distiller un certain émoi, un certain état de terreur et de paralysie opportun dans la population – en frapper un pour en effrayer cent. Bien avant les révélations d’Edward Snowden au sujet des programmes de surveillance généralisée des communications, le Patriot Act de 2001 et le Terrorism Act anglais de 2000 avaient explicitement autorisé la surveillance de tous au nom de la « lutte contre le terrorisme ».
(…) Une généalogie de l’antiterrorisme nous ramène à la guerre d’Algérie. À l’époque, « l’antiterrorisme » désigne l’activité clandestine de groupes tels que la Main Rouge, formés par les services secrets français afin de provoquer le FLN18 et qui commettaient assassinats ciblés comme attentats à la bombe contre la population algérienne. Cette généalogie se poursuit avec la « stratégie de la tension » mise en œuvre dans les années 1970 en Italie pour contrer le mouvement révolutionnaire. Elle passe ensuite par les GAL (Groupes Antiterroristes de Libération) en Espagne et en France qui, de 1983 à 1987, sous l’égide du ministère de l’Intérieur espagnol, vont mener plus de 35 opérations, allant là aussi de l’attentat à l’assassinat, contre ETA19. Lors du procès des GAL, le directeur de la Guardia Civil, le général José Antonio Sáenz de Santamariá, déclarera : « La lutte antiterroriste ne peut être poursuivie dans le cadre de la loi. À cet égard, nous sommes le plus souvent au bord de la loi, en dehors de la loi et de temps à autre dans le cadre de la loi… mais il n’y a aucune autre manière que d’utiliser la guerre irrégulière contre ces types qui vous tirent dans le dos. La règle de la loi est une bonne chose mais nous ne pouvons pas définitivement la respecter parce qu’elle fait le jeu des terroristes. » Il ajoutait en 1995, dans une interview au journal El país : « Dans la lutte antiterroriste, il y a des choses que l’on ne doit pas faire. Si on les fait, il ne faut pas le dire. Si ça se dit, il faut tout nier. »

(…) De la même façon, il n’y a plus une grève conséquente que l’on ne tente pas d’identifier à une « prise d’otages ». Il est crucial de parvenir à se défaire de ce sortilège. Ne jamais se laisser isoler en correspondant à son image et à l’affect qui la suit mécaniquement. Susciter la complicité. Associer à nouveau à l’idée de révolution celle d’affranchissement, de joie. Depuis les manifestations qui ont suivi, à Toulouse comme à Nantes, l’assassinat de Rémi Fraisse mais aussi lors du conflit déclenché par la loi Travail, des banques ont été mises en morceaux. Le gouvernement, dans son éternelle tâche contre-insurrectionnelle, a bien entendu fait tourner en boucle ces images d’émeute, de destruction, de banques commençant à prendre feu en incriminant comme à l’accoutumée les « Black Bloc », les « anarchistes » et autres «autonomes». L’opération n’a pas toujours eu l’effet escompté : des esprits bien inspirés ont parfois eu la malice de taguer sur les banques en miettes « tiens, tes agios ! ». Des « violents » qui ont de l’humour : voilà qui ne cadre pas avec le storytelling spectaculaire. Il ne fait pas de doute qu’au printemps 2016 l’inventivité des graffitis a beaucoup fait pour que le partage entre « violents » et « non-violents » que tentait d’imposer le gouvernement ait si régulièrement échoué à se faire, et ce jusque dans les assemblées de Nuit Debout.
« Chaque nouvel attentat en Occident met un peu plus à mal le récit spontanément livré dans les media depuis les années 1970 du « terroriste » déterminé, rompu aux techniques de la clandestinité et mû par un froid professionnalisme. Le portrait du meurtrier est généralement celui d’un être faible, suggestible, humilié et narcissiquement blessé qui trouve enfin là un accès à l’existence, quitte à y perdre la vie. Ce qui explose dans l’acte « terroriste », c’est alors très exactement ce qui rend la vie en Occident irrespirable au quotidien : le besoin diffus et universellement frustré de reconnaissance. Car il est vain de vouloir tirer du regard des autres notre propre sentiment d’exister. Pour quiconque s’est un peu penché sur le cas du tueur de Nice, Mohammed Lahouaiej Bouhlel, il est flagrant que ce qu’il recherchait relevait plus du quart d’heure de gloire et d’une vengeance aveugle que de la cause de l’État Islamique. Et il aurait suffi que le pilote dépressif de la German Wings sussure à son micro un « Allahou akbar ! » avant de crasher l’avion avec ses passagers pour qu’immédiatement le gouvernement se jette goulûment sur ce nouvel acte « terroriste ». Au fond, le meilleur modèle pour comprendre les gestes réputés « terroristes » est peut-être celui des massacres dans les écoles aux États-Unis : des désespérés qui n’ont pas l’impression de vivre se précipitent dans la mort en emportant un maximum de leurs semblables, sans raison valable, dans le cadre d’une féroce lutte pour la reconnaissance dont ils sont les perdants. Cela en dit plus long sur l’état de délabrement et de malaise des subjectivités en Occident que sur un conflit qui verrait s’affronter à l’échelle mondiale les « démocraties » et le « terrorisme ». Mais les premières préfèrent manifestement être jugées sur leur ennemi fantasmatique que sur ce qu’elles sont et font.

« Nous ne prétendons nullement que, face à l’ampleur de l’opération antiterroriste déclenchée contre nous, notre défense ait été en tout point idéale. Une défense se construit dans l’adversité. Elle a affaire à des situations toujours changeantes avec lesquelles elle doit faire. Elle contient inévitablement une part de stratégie et une part d’improvisation due aux mouvements de l’adversaire. Faute d’être idéale, au moins faut-il reconnaître qu’elle fut pour partie victorieuse : à la fin, au terme de dix ans de bataille, l’antiterrorisme dut manger son chapeau. Un assaut a été repoussé. Et les inculpés de cette affaire ne sont pas les seuls bénéficiaires de ce qu’être « autonome » ne puisse toujours pas être tenu pour une marque de « pré-terrorisme ».

« Lorsque syndicalistes, nuitdeboutistes, artistes, associatifs, zadistes, simples habitants, paysans et « radicaux » (et pourquoi pas terroristes ? JLR)parviennent à se comprendre, à mesurer leurs accords et leurs désaccords, et à s’organiser ensemble, le pouvoir a quelques raisons de s’inquiéter. Il ne s’agit pas de bâtir un front, même populaire, contre le nouveau gouvernement et son offensive prévisible, mais de construire des ponts inattendus à même de rendre la situation de plus en plus vivante, de plus en plus incontrôlable et de plus en plus difficile à réprimer platement. Il nous faut travailler à une intelligence pas à pas de la situation qui nous est faite, écarter tout dogmatisme, parvenir à s’entendre, voire à s’écouter. Sous cet angle, il nous faut prendre toute la mesure de la logique policière à laquelle nous serons inévitablement confrontés, et sa matrice n’est autre que l’antiterrorisme. Nous avons les moyens de déjouer ses opérations. Cela s’est déjà fait. Il faut juste laisser derrière soi toute idée d’innocence.

Et tisser les complicités les plus vastes, les plus profondes et les plus insoupçonnables. Les temps qui s’ouvrent, pour sombres qu’ils soient, offrent un boulevard paradoxal à la révolution : toutes les options gouvernementales ayant échoué, il ne reste plus qu’une question, et mille façons d’y répondre : comment vivre sans gouvernement ».

écrit le 15 octobre 2017 (ce que tout révolutionnaire devrait savoir sur l'antiterrorisme)


NOTES
MDR


1Notamment « invisibles et fins de droits : https://proletariatuniversel.blogspot.fr/search?q=les+invisibles: et aussi mon questionnaire : Situation de la classe ouvrière en 2009, avec en exergue cette géniale question de Marx : « Votre métier a t-il soutenu des grèves d’ouvriers appartenant à d’autres corps de métiers? »Karl Marx (Enquête ouvrière). La persécution des tarnaciens dans sa durée est aussi scandaleuse que dans le cas de la triste affaire d'Outreau, mais au plan de l'injustice classique, car même machinée par l'antiterrorisme policier, l'affaire relève aussi du fait divers. Ces victimes anarchistes sont des inaptes politiques.

2Tout cela est décrit dans l'article:L'insurrection qui revient en quenouille : https://proletariatuniversel.blogspot.fr/search?q=coupat

Pouvez-nous nous rappeler les circonstances de votre arrestation ?
Une bande de jeunes cagoulés et armés jusqu'aux dents s'est introduite chez nous par effraction. Ils nous ont menacés, menottés, et emmenés non sans avoir préalablement tout fracassé. Ils nous ont enlevés à bord de puissants bolides roulant à plus de 170 km/h en moyenne sur les autoroutes. Dans leurs conversations, revenait souvent un certain M. Marion [ancien patron de la police antiterroriste] dont les exploits virils les amusaient beaucoup comme celui consistant à gifler dans la bonne humeur un de ses collègues au beau milieu d'un pot de départ. Ils nous ont séquestrés pendant quatre jours dans une de leurs "prisons du peuple" en nous assommant de questions où l'absurde le disputait à l'obscène. Celui qui semblait être le cerveau de l'opération s'excusait vaguement de tout ce cirque expliquant que c'était de la faute des "services", là-haut, où s'agitaient toutes sortes de gens qui nous en voulaient beaucoup. A ce jour, mes ravisseurs courent toujours. Certains faits divers récents attesteraient même qu'ils continuent de sévir en toute impunité.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/12/18/julien-coupat-la-prolongation-de-ma-detention-est-une-petite-vengeance_1197456_3224.html#VgWLZBxjsfRrIHaf.99

4Autre anecdote sur l'habitude de l'Etat, malgré ses commis successifs, de se servir à toute époque de la menace « terroriste ». Vers 1980, Nixon venant visiter Paris, la presse annonça qu'un dangereux groupe terroriste avait été mis sous les verrous ! Ce « dangereux groupe », je le connaissais bien. C'était simplement la librairie « La Boulangerie » à Montrouge, tenue par un collectif libertaire qui aurait pas tué une mouche, emmené par Jean, un ancien de S ou B, à qui je déposais chaque mois RI. Il n'avait pas voulu être bavard et m'avait simplement déclaré : « c'est un coup entre policiers et journalistes ». En tout cas Jean et ses potes avaient passé trois jours au frais, puis avaient été relâchés sans que plus personne n'en entende parler.
5A chaque fois que j'ai essayé de placer sur you tube ou google le petit film que rappelle ce drame, cela est effacé. Idem pour l'assassinat du sculpteur Mayol par les assassins du PCF à la Libération, Wikipédia flique comme facebook !
6La communisation vous vous demandez qu'est-ce que c'est. La définition du mot n'existe pas encore ni sur wikipédia ni dans votre dictionnaire préféré. Les communisateurs qui est-ce? Qui sont-ils? Vrais révolutionnaires ou onanistes esthétiques? Combien de divisions?
Le phénomène s'est développé surtout depuis l'an 2000 par capillarité face au vide politique généralisé du monde et au milieu des illusions petites bourgeoises sur la soi-disante révolution technologique. Rien de bien nouveau sur le fond qu'une resucée du modernisme (le prolétariat a disparu) et de la vieillerie anarchiste immédiatiste (le communisme sans transition). La seule nouveauté inventée par ces poètes du verbe abscons, pierre philosophale sensationnaliste enfin trouvée: le capital ne peut plus valoriser le travail. Enfin la vraie raison de la crise et de l'agonie a été identifiée. Marx ne fût donc qu'un collégien en culottes courtes, hémiplégique : ne défendait-il pas le contraire dans le Capital (inutile) de ce qu'il défendait en politique (futile)?
Conclusion: il faut abandonner la politique et laisser-faire le déterminisme "humain". D'aucuns ont déjà répliqué qu'il n'est pas de meilleure manière de désarmer le prolétariat au profit d'une bourgeoisie trop heureuse de se faire passer pour irresponsable. Nos amis "communisateurs" ne pleurnichent-ils pas que bourgeois et prolétaires sont désormais ensemble des victimes du Capital?

12On les a laissé se moquer du tribunal, pour que ce soit très médiatisé. Mais toi citoyen lambda ne t'y hasarde pas : sur la justice : http://www.leparisien.fr/une/vous-etes-un-menteur-monsieur-le-juge-10-06-2004-2005049894.php

13Place Beauvau La face cachée de la police, Olivia RecasensChristophe LabbéJean-Michel Décugis: Robert Laffont (01/02/200 :Une véritable investigation menée de front par trois journalistes du Point qui permet de redécouvrir entre autres Pasqua et ses célèbres affaires et d'en apprendre beaucoup sur la manipulation des mass medias, les dérives, les RG, la DST, les rapports au pouvoir politique et quelques portraits passés au crible de hauts fonctionnaires.
Finalement la face cachée de la police, c'est surtout celle de politiciens. Même s'il n'est plus d'actualité aujourd'hui, ce livre est captivant et didactique. L'argumentaire est étayé et nous permet d'avoir une vision de "l'intérieur". C'est un bon ouvrage sur le système policier et la main-mise de son ministre. L'on peut déplorer parfois le manque d'objection et le parfum de scandale qui flotte dans l'air ambiant. Il reste toutefois très crédible.
14Cf. L'excellent et rare : « Histoire de la corruption politique sous la Vème République ». et aussi : www.atlantico.fr/decryptage/barbouzes-veme-republique-elus-droite-comme-gauche-pactisent-avec-milieu-crime-depuis-plus-demi-siecle-frederic-ploquin-2836740.html